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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 02:00

   Hors de question que je touche à cet argent. Jamais eu beaucoup de certitudes dans la vie. Elles sont si rares, j’y tiens.  

   L’horloge sonna deux heures. Je sursautai faiblement, prise par la banalité du temps qui passe sans se soucier de ce qui se passe. Mais après tout, entre nous, qu’est-ce que trente minutes perdues sur un canapé à ne rien faire face à la durée d’une vie ? Très peu de chose non ? Attention, il y a ne rien faire et ne rien faire, ne confondons pas. Il y a en définitive une infinité de façons de ne rien faire ; à peu près autant que d’êtres humains, je dirais même. Vous aurez le rien faire misérable, le rien faire glorieux, le rien faire mérité, le rien faire qui s’ignore, le rien faire avec un bout de salade entre les dents, le rien faire plein de remords, le rien faire anxieux, le rien faire décontracté, le rien faire insouciant, le rien faire inconscient, le rien faire qui se croit déjà omniscient, le rien faire imbu de sa personne, mais aussi le rien faire suicidaire, le rien faire sous somnifères, le rien faire constipé, le rien faire pur, le rien faire reposant, le rien faire dégradant, le rien faire qui s’emmerde – ne l’oublions pas celui-là, il existe aussi je crois – le rien faire sans cerveau apparent ou le rien faire qui réfléchit trop et rien qu’avec ce petit aperçu vous pourrez déjà vous amuser à faire (si, j’ose le jeu de mots) des combinaisons : du plus triste, le rien faire misérable anxieux plein de remords, constipé et qui s’emmerde, au plus heureux, le rien faire insouciant pur et reposant. Le but de la manœuvre étant bien entendu de trouver la recette du rien faire absolu. Ici je refuse d’évoquer les gens qui se disaient – souvent à raison – incapables de ne rien faire. Ce sont des personnes selon moi tout à fait méprisables, comme la majorité des être humains qui peuplaient cette planète. Je parle à l’imparfait car ce sont eux les premiers à avoir été décimés. J’imagine de fait que vous qui me lisez et qui êtes bien vivant(e) vous saviez aussi bien que moi ce que c’était que ne rien faire et que c’est probablement ce qui vous a sauvé la vie. Vous connaissiez l’amertume de ce temps qui passait et le dégoût pour tous ces gens qui brassant beaucoup d’air n’allaient au final pas plus loin que leur voisin. Ne rien faire est un art – tiens, encore une certitude qui se pointe – et les excités du bocal qui cherchaient par tous les moyens à nous faire culpabiliser doivent sûrement regretter, du fond de leur trou, de ne jamais avoir pu ou simplement voulu le pratiquer.

   J’étais sur mon canapé, disais-je, à ne rien faire ou si peu, donc, enveloppée dans mes réflexions égocentriques comme dans une toge très mal foutue. Les fenêtres ouvertes laissaient pénétrer l’air bruyamment vicié de la rue d’un côté et celui faussement plus calme et propret de la cour de l’autre. Je remarquai que les deux, au lieu de traverser l’appartement et d’emmener avec eux leur frère d’intérieur – objectif premier de toute aération - préféraient s’opposer frontalement et le prendre en sandwich comme un pauvre prisonnier politique condamné à rester enfermé et torturé dans son pays parce qu’abandonné par la communauté internationale. Pardonnez la comparaison boiteuse mais il ne faisait étrangement pas assez chaud pour parler de gaufre aérienne.

   Les différents courants finirent pourtant par se faire oublier. En face de moi sur la table du salon, dans mon sac, se trouvait quelque chose qui m’intriguait. Pendant le retour de chez Sylvain j’avais eu tout le temps de me réinsérer l’image de ces feuillets dans le crâne. Pourquoi m’étais-je retenue de les lire relire dans le bus ? Pourquoi me retenais-je encore de les sortir de mon sac maintenant que j’étais confortablement installée dans mon canapé à ne rien faire de la plus pure des façons je le répète ? Je n’en sais fichtre – encore un mot perdu pour l’éternité – rien. Dans tous les cas je butais contre quelque chose de méconnu, entre l’excitation et la peur de la déception, la flemme et le dégoût du risque, sur lequel je n’arrivais, comme souvent, pas à mettre de mot. Ce n’était pas ces notions elles-mêmes qui m’étaient obscures, loin de là, et au contraire sans prétention je crois en connaître un rayon sur chacune d’entre elles séparément, mais plutôt le cocktail trop difficile à doser de ces différents ingrédients. Si vous voulez une image, je me sentais très conne avec mon shaker vide dans les mains et mes tonnes de bouteilles pour reproduire ce qui vivait dans le verre opaque de ma conscience, sans avoir la moindre idée de ce qu’était cette substance. Certains pointilleux rétorqueront que tous les cocktails ne requièrent pas forcément un shaker, mais je leur répondrai à mon tour que cet objet et son utilisation conviennent plus que parfaitement à l’idée que je me fais du bordel liquéfié qui règne dans mon cerveau.

   Une bonne comparaison ça se cherche – un minimum – ça s’écrit et ça se garde, peu importe l’effet que ça donne à la phrase, peu importe le côté forcé de la chose je ne suis pas écrivain ; mon cerveau est un shaker, voilà. Je l’oublierai pas.

   J’étais allongée sur mon canapé à ne rien faire, et cela aurait pu durer beaucoup, beaucoup plus longtemps. Mais miracle, par je ne sais quelle opération d’une force supérieure je me suis levée. Je me suis levée je me suis avancée et j’ai fait ce qu’il fallait que je fasse : j’ai relu le début et continué la lecture des feuillets sortis de ma somnolence anesthétisante et pourtant bien réels. Ils semblaient n’attendre que ça et bruissèrent de joie lorsque je les tirai hors de mon sac. Je me rassis aussitôt avec lourdeur sur la première chaise qui me tomba sous la main. La force supérieure était une petite nature. Depuis mon dernier oral désastreux, j’avais – oublié - à peine réalisé combien il m’était difficile de rester debout sans bouger. Je resongeai à la prof qui m’avait coupé les jambes, même assise. Du point de vue strictement moteur, je m’étais, en moins de 24 heures, inéluctablement transformée en voiture de jeu vidéo des années 80. Décor arrêté égal game over. Ou canapé vide de toute réflexion constructive. Ou shaker mal aéré. Ou encore, dans le meilleur des cas, nuit de baise sans la moindre pensée pour le nouvel homme de votre vie. Aucune trace de Kurt Cobain ou des spaghettis frais. Quant au coucher de soleil, il serait tellement pixellisé que ça ne vaut même pas la peine de le mentionner.

   Les premières – la première – phrases et le style pachydermiquement métaphoireux que j’avais trouvés disons-le ridicules la veille m’apparaissaient maintenant plus clairs et pas forcément moins pédants. Mais à la différence de la veille, j’étais alors assez réveillée pour une lecture critique de ce que j’avais devant les yeux.

 Nous sommes des monstres. Nous avons bâti des mondes. Plein. Nous en avons détruit. Plus. Incipit limpide, mais déjà bien pesant, avec deux phrases réduites à un mot, et une répétitivité pas plus ballerinesque. Dès notre naissance la puanteur nous appelle à crier, inconscients et faibles, à la limite de la survie. C’est à partir de là que ça se gâte rapidement. Puis c’est au tour des Hommes de nous prendre sous leurs ailes défraîchies. C’est leur sang qui coule dans nos veines, et nous nous devons de le faire perdurer malgré nous, à travers la guerre, la souffrance et l’aveuglement. Pas besoin d’avoir fait de longues études pour voir dans ces quelques mots autre chose que de la misanthropie pure. À noter que malgré l’utilisation d’un « nous » encore une fois peu ambigu et très éléphantesque – je reste sur mon idée de gros machin qui avance en croyant savoir écrire – l’auteur de ces lignes arrive à se déresponsabiliser d’emblée, ainsi que ses hypothétiques lecteurs, face aux générations antérieures. Attitude détestable, si je puis me permettre de donner mon opinion. Dans nos esprits l’obscurantisme construit depuis des millénaires les dieux et les croyances dont il se nourrit pour mieux s’y répandre. Là, il introduit, façon éléphant en manque dans un magasin de porcelaine – désolée d’insister – la notion de religion et surtout d’athéisme, à travers l’idée d’obscurantisme, pas récente – vive les litotes – voire obsolète dans ce contexte, mais ceci n’est encore une fois que mon opinion personnelle. Si la plus belle invention du Diable est de nous faire croire qu’il n’existe pas, celle de l’Ignorance est de se laisser volontiers gravement mésestimer. C.Q.F.D. Notez la majuscule à Ignorance. Et quoi de mieux que la Religion pour maintenir l’Humanité dans l’Ignorance ? Idem. Les majuscules donnent un aspect extrêmement pédant à l’ensemble, comme je le disais plus haut. Première phrase interrogative, censée encore une fois rapprocher l’auteur et son lecteur face au reste des « Ignorants ». Les termes Connaissance et Dieu sont les deux plus parfaits antonymes qui soient. Car la Connaissance revêt une infinitude de visages, et que Dieu n’est rien de plus qu’un masque simpliste. Par réflexe j’avais recopié « infinité » la première fois mais c’est bien d’ « infinitude » qu’il s’agit. Si ça c’est pas un néologisme de mes deux, alors je sais pas ce que c’est ! À moins que l’auteur ne soit beaucoup moins cultivé que ce que sa fausse et bancale érudition stylistique ou philosophique essaye de nous prouver. Pathétique plus qu’érudit, en fin de compte… Son omniprésence dans les esprits les plus faibles et influençables ne se justifie que par le fait qu’Il permet de couvrir d’une lumière factice ces visages qui nous resteront à jamais obscurs, êtres inachevés que nous sommes, imparfaits à en devenir risibles. La suite que vous attendez toutes et tous arrive enfin. Cette longue phrase à la lecture de laquelle un hippopotame – essai de variation sur un même thème, mais je ne suis pas Bach ou Mozart – ne saurait rougir. Je compte faire moins de commentaires pour l’instant, afin de vous laisser seuls juges. Et par flemme aussi vous l’aurez compris.

   Nous sommes des monstres, cela est absolument indéniable. Nous n’avons jamais aimé notre prochain, nous ne l’aimons pas et ne l’aimerons jamais. Eurk, désolée, mais la répétition me reste en travers de la gorge. On dirait du MC Solaar sous antidépresseurs. Nous lui dissimulons notre véritable apparence, tout en gardant au fond de nous l’espoir que lui-même aura une face cachée encore plus hideuse que la nôtre. Tel est le lot de tout homme doué de ce que nous nommons « intelligence ». Mais aujourd’hui le point de non-retour a été franchi, car, au fil des générations, après des siècles d’empoisonnement par l’Ignorance, et malgré l’apparition des sciences exactes, cet espoir s’est peu à peu mué en conviction, puis en certitude. Pour sa défense, je dois dire que je trouve que le ton s’améliore dans ces dernières phrases, peut-être parce qu’il se met enfin au même niveau que tous ceux qu’il accuse. Mais chut j’ai dit que je me taisais… C’est cette certitude qui, rebattue rabâchée en des termes bien entendu tout à fait différents dans les églises, dans les temples, dans les synagogues ou les mosquées, a forgé notre soi-disant société moderne, et c’est par elle que cette société moderne périra. Fin du deuxième paragraphe. Le corps du sujet arrive mais chut… serait-ce une banale annonce de fin du monde de plus ?

   Nous sommes des monstres et chaque seconde qui passe nous rapproche un peu plus de l’heure où il va nous falloir payer pour nos crimes. Très bientôt nous serons démasqués. Nous en souffrirons au-delà de ce que les mots peuvent décrire. Une souffrance telle que ces mots s’effaceront devant elle. Une souffrance si intense qu’elle nous prendra à notre image, en traître, et nous rendra muets. La souffrance physique à son paroxysme sans même un cri pour l’exprimer. Le juste retour de notre monstruosité, le juste châtiment pour nos exactions. C’est à travers cette douleur sans nom, dans ce mutisme torturé au fer rouge que nous prendrons conscience du Mal que nous avons inlassablement perpétré, sans l’aide d’un quelconque diable, et au nom de croyances qui ont, malgré ce que notre prétention nous laisse à penser, à peine changé de nature depuis les origines. Depuis les religions primitives et après les polythéismes grec ou romain nous sommes arrivés au monothéisme de l’argent, dont le prophète serait l’hypocrisie généralisée de nos sociétés occidentales actuelles, qui elles-mêmes se barricadent férocement derrière la sacro-sainte muraille de l’individualisme. Fin du troisième paragraphe, mais vous l’aurez constaté vous-même. Si tout ceci vous laisse perplexe, surtout ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal la première fois. Pensez « misanthropie éculée » et vous aurez tout compris.

   Nous sommes des monstres et nous le savons. Nous sommes des monstres et nous le cachons. Nous sommes des monstres et nous le nions. Au cas où quelqu’un aurait pas pigé, là-bas dans le fond.

   Maintenant faut-il pleurer ? Faut-il se dominer ? Faut-il tuer ? Personne n’est à même de répondre. Aucun d’entre nous n’est capable d’esquisser ne serait-ce que le moindre mouvement inverse au sens des aiguilles du calvaire dont nous sommes tous les victimes et les bourreaux à la fois. Ceux qui pensent malgré tout y être parvenus s’auto-proclament « messies ». Et c’est ainsi que naissent et meurent les religions, en se nourrissant les unes des autres, jusqu’à épuisement, au moyen de prêches, de livres et de massacres en règle d’autres formes de pensées plus faibles.

   Dieu n’existe pas. Et moi j’aurais mieux fait de relire Nietzsche… Aussi longtemps que certains, même en nombre infime, continueront d’être convaincus du contraire l’espèce humaine ne pourra jamais s’épanouir pleinement et vivre en paix. En face de ce vide, de ce trou noir organisé, l’argent, lui, même abstractisé à l’extrême, existe bel et bien. C’est français, ça, « abstractisé » ? Il serait dramatiquement naïf de se laisser aller à penser que notre monde ne tourne pas rond, car ce serait nier le rôle majeur qu’y jouent l’économie de marché et les échanges financiers. Grâce à l’argent notre mondre tourne effectivement beaucoup plus rond qu’on ne l’imagine, et se dirige vers une issue unique : sa destruction. Et tant que cette prise de conscience ne se sera pas réalisée dans nos esprits ralentis par le capitalisme de masse, libéralisme lobotomisé ou le communisme décérébré de naissance et là je crois que je vais vous laisser digérer.

   À dire vrai, c’est exactement sur ce mot que j’ai dû arrêter ma lecture, pour la simple et bonne raison que c’était sur ce mot que la lecture elle-même s’arrêtait. Il manquait des feuillets et je ne m’en étais pas aperçue. D’un seul coup très énervée de me voir ainsi coupée dans l’élan qu’il m’avait fallu tant de temps à prendre, je retournai mon sac sur la table et cherchai comme une droguée en manque les pages que j’aurais pu y laisser par mégarde, étant donné leur format réduit. Mais rien, il n’y avait rien, rien de rien, elles n’y étaient pas. Ostenstiblement ouverts et étalés comme des épaves mon portefeuille mon classeur et ma trousse se payèrent ma gueule. Je les réduisis au silence en les balaçant de l’autre côté du salon. J’étais furieuse, pire que la veille après mon examen. Pourquoi je pouvais encore moins le dire, sinon que je voulais connaître le fin mot de ce texte ridicule et que je ne pourrais jamais l’avoir. J’avais fait l’effort de m’y intéresser mais rien ne me revenait en échange, comme d’habitude comme d’ordinaire comme toujours, on me laissait face à l’inachevé incompris telle de la merde de chien dans une rainure de semelle de chaussure. À moins qu’on me fasse jouer le rôle de la chaussure qui ne sait jamais où elle va et qui de toutes façons ne choisit jamais sa destination. Arrêtez, bon sang, arrêtez ! je suis déjà censée faire la voiture de jeu vidéo, et vous allez réveiller le décor… Furieuse, je l’étais à tombeau ouvert. Je l’étais max speed. No limit. No brakes. Le genre de colère à vous faire lever et tourner en rond à la recherche de quelque chose à pulvériser, ou au moins à détruire à faire souffrir. Avec les battements du cœur qui s’accélèrent et les oreilles qui sifflent et la tête qui cogne de l’intérieur. Les feuillets manquants avaient définitivement occulté l’ensemble du tout petit fond de bien-être qu’il me restait de la nuit. Sous la pression de cette colère mon corps et mon cerveau étaient en train d’expulser ce qu’ils pouvaient pour faire de la place, et je transpirais, et je pleurais, et mon nez coulait ; j’avais chaud de cette chaleur qui semble toujours ne vous prendre qu’à partir des amygdales. Puis soudain j’eus une envie inconcevable d’aller déposer le bilan, comme on dit parfois pour être drôle (en tout cas moi ça me fait rire) mais correct. Inconcevable car, je ne pense pas l’avoir évoqué, depuis que j’avais maigri je souffrais de grave constipation chronique, et, de ce fait, l’activité qui consiste à chier quand on a envie de chier, naturelle chez la grande majorité des êtres vivants, l’était devenue beaucoup moins pour moi. J’ai un peu honte de parler de ça, mais qu’importe, on dira que c’est juste pour que vous me connaissiez mieux. J’allais donc dans l’instant me vider avec un plaisir oublié, mais néanmoins terni par la fièvre à moitié saine qui m’envahissait en traître. Mon rapport à la défécation et au lieu même des toilettes s’étant malgré tout trop dégradé depuis ces quelques années, je n’y perdis pas mon temps, considérant que j’y avais trop souvent été enfermée contre ma volonté. Je sortis et me sentis sale avec mes vêtements de la veille. Je me fis couler un bain – chose exceptionnelle car je ne prends que des douches – et attendis sans rien faire d’autre qu’il se remplisse pour me rendre compte que j’avais encore plus besoin de jouir que la veille ; notamment à cause de la fin tellement pitoyable pour Sylvain, mais avant tout frustrante pour moi. Je me déshabillai assez rapidement et plongeai. L’eau chaude et la masturbation me détendirent plus que ce que j’aurais osé espérer.

   Je voudrais préciser qu’en général je n’utilise pas d’objets. Ou tout du moins pas dans le sens où les pervers l’entendent. Jamais je ne m’enfoncerai un de ces gros machins ridicules et démodés qu’on trouvait – je crois, j’y suis jamais allée en fait – dans les sexshops pas plus que je ne me caresserai avec ces autres bidules pseudobranchés – car ce n’est pas qu’on pouvait, mais qu’il fallait assumer son besoin de jouissance et à limite l’exhiber - en forme de tout et de n’importe quoi. Non, je préfère le traditionnel, je suis presque vieux jeu, de ce côté-là. Mes doigts me suffisent. Bien sûr il y a des choses que j’aime, les tissus par exemple, ou tout ce qui en forme de tuyau, de tube. Je l’ai dit j’ai un certain dégoût à rentrer autre chose qu’un vrai pénis, mes doigts à la rigueur – mais jamais jusqu’au bout - ou un tampon là-dedans. Je ne saurais déterminer pourquoi ; ça doit être mon inconscient qui travaille trop. En revanche je n’ai aucun scrupule à me caresser. Et ça, ça remonte à bien loin.

   C’est vraiment bizarre l’écriture, ça vous amène à dire des choses dont vous avez jamais parlé à personne, et la vérité vraie est que je comprends pas pourquoi je m’y mets maintenant, dans ces circonstances… Serais-je une exhibitionniste refoulée ? C’est toujours la honte, en fait… Mais bon, peu importe, je continue… J’autorise celles et ceux que ça n’intéresse pas à zapper le prochain paragraphe qui risque d’être assez long.

   Je crois avoir lu quelque part un jour qu’une bonne partie des petites filles ont eu leur première expérience en apprenant le vélo. Moi c’était plutôt la natation. Je m’explique. Déjà j’aimais beaucoup tirer sur mes maillots. Inconsciemment ou presque je les aimais petits, et je revois comme si c’était hier ma mère râler parce que je les craquais assez souvent mais que j’avais tendance à laisser ceux un peu plus grands au placard. Inconsciemment peut-être j’aimais sentir le nylon acryliqueux – et inventer des adjectifs - glisser et chauffer ma peau entre mes jambes et faisais en sorte qu’il glisse et chauffe plus que de raison. Et ça me faisait me sentir bien, sans que je comprenne pourquoi, sinon que maman me flanquait invariablement des baffes quand elle me voyait. Après quelques essuyades je me suis rendue compte que les attendre dans les endroits les plus incongrus aux moments les plus inattendus rendait la chose encore plus agréables au corps, qui chauffait un peu puis beaucoup plus fort démangeait doucement puis frénétiquement pour arriver à ces accès de douleur inversée dont la nature a probablement laissé des séquelles dans mes réflexes d’insatisfaite. Petite je ne voyais dans ce plaisir étrange que l’exact contraire de la douleur, et je doute que ma vision ait beaucoup changé depuis. Je me souviens maintenant de rougeoyantes fins d’après-midi à la plage où je profitais, sagement assise dans ma serviette, des somnolences de mes parents pour m’amuser avec mon minou et le maillot qui passait dessus. J’avais plein de choses à essayer je ne m’ennuyais jamais. Je niais l’aspect répréhensible de mes actes, et je prenais plaisir dans cette négation, car je considérais à raison qu’ils n’étaient répréhensibles que parce que ma mère voulait à tout prix me rentrer dans la tête qu’ils étaient répréhensibles. Quitte à me frapper. Et elle m’a pas mal frappée. Et j’ai résisté, je n’ai pas cédé à cette démonification – je n’utilise jamais le mot diabolisation ça me rappelle les porcs d’extrême-droite – de ce plaisir de n’écouter que moi face aux multiples souffrances cérébrales et physiques que mes parents me faisaient endurer, chacun dans leur genre. Bien sûr, encore une fois j’étais trop petite pour en être consciente ; je suppose que cela tenait de l’Instinct – ben merde alors je me mets à placer des majuscules comme l’autre mégalo, ça va pas du tout ! – On me faisait du mal, je me soulageais. Rien de plus. Réaction de défense normale contre l’ensemble du monde qui m’entourait. J’étais une enfant finalement assez banale. Je ne comprenais rien et comprenais tout. Je n’ai fait que lutter avec ces quelques armes que je m’étais inventé. La négation, le silence, la patience, l’imagination, le plaisir et la haine aussi, peut-être. Les exemples pleuvent sur ma mémoire et – je l’ai dit - je n’en suis vraiment pas particulièrement fière. Je me limiterai donc au suivant, qui reste dans le sujet. Chez mes grand-parents il y avait une piscine ceinte par un muret en vieille pierre franchissable sans aucun effort par un adulte de taille moyenne ; c’est-à-dire qu’avec un peu d’exercice on pouvait le franchir sans le toucher, pourvu qu’on ait les jambes un peu longues. Pour les petites comme moi il fallait nécessairement le passer à califourchon. Or ce vieux muret était couvert d’une mousse épaisse dont la douceur inégalable en a fait mon premier amant, si j’ose dire, toutes proportions gardées. Dans le souvenir que j’en garde il me calmait mieux que n’importe quel autre remède. Je n’avais pas le droit de rester toute seule à la piscine, et les adultes autour de moi me surveillaient avec plus d’attention, ce qui m’obligeait à me tenir sage quand bien même mon petit bas-ventre rageur me sollicitait pour m’attarder sur les plus grosses mottes de mousse du muret. Je ne comprenais moi-même en vérité pas toujours pourquoi j’étais toujours partante pour aller chercher quelque chose dans la maison, pourquoi j’avais toujours envie de me frotter dessus, si possible à travers le maillot, voire toute nue, même si ma mère ne supportait pas de me voir déshabillée. Chose qui arrivait assez souvent, finalement bien plus malgré moi que malgré elle, je me rappelle. Et c’est là qu’elle me frappait et frappait encore, mais jamais aussi fort que mon père, alors ça n’avait pas trop d’importance. Je me débrouillais pour être discrète, même si elle ne me lâchait que rarement de ses grands yeux. Avec du recul, je me dis que je serais incapable de savoir ce qu’elle ressentait pour moi. De l’amour peut-être, d’une certaine façon, bien que j’en doute beaucoup, de l’incompréhension sûrement, dans ses regards horrifiés ou suspicieux. De la jalousie sans aucun doute, tout au long des quelques années qui ont séparé ma naissance de sa mort. Jalouse de quoi je ne sais pas plus que le reste. Le reste le reste l’important reste que j’ai réussi, et j’en suis fière, à me débarrasser de la question il y a longtemps, avant même l’accident je pense. J’avais besoin de ce muret un point c’est tout. J’ai écrit plus haut que ça me faisait me sentir bien partout ; ce sont des mots très simples que j’aurais pu utiliser toute petite si j’avais osé en parler. Non, ça y est je remets, je voyais ça comme « le contraire d’une décharge électrique », parce qu’il m’était arrivé de me prendre des coups de jus avec la prise de ma console de jeux. Car oui, j’avais une console de jeux. L’un des seuls, sinon le seul caprice auquel ma mère avait cédé.

   Décharge électrique, console ou pas, dans mon bain tiédi, après avoir bien pris mon temps à repenser à ce qui fut et qui ne sera heureusement jamais plus je finis par jouir comme on met fin à une session. Un orgasme qui me ressemblait, férocement désemparé, les nerfs à vif la chair prête à se laisser arracher. Puis tout qui retombe en harmonie. On dit souvent que ça donne la peau douce, et je veux bien le croire, mais en ce qui me concerne je ne l’ai jamais remarqué, j’ai toujours imaginé que c’est mon cerveau qui en ressort au final le plus apaisé. Soulagée, donc, détendue, donc, étalée de tout mon long au fond de la baignoire je réalisai que l’eau avait quelque peu rougi entretemps, et pestai une nouvelle fois contre mes menstruations, avant d’ouvrir la bonde et de me laver une bonne fois pour toutes.

   Et une fois bel et bien propre habillée de propre, il me fallut encore me motiver pour me rendre constructive. Il était un peu plus de quinze heures 20 et outre le fait de m’avoir relaxée la masturbation m’avait par bonheur aussi permis de me rendre sourde aux coups de la foutue horloge familiale. Que vais-je faire ? Argh la question se posait-elle ? Non, bien sûr, j’avais envoyé Bécaud bouler bien loin (vous vous souvenez plus de la chanson ?), mais cela n’empêchait pas par exemple mon frigo d’être vide comme celui d’une étudiante boulimique ou fauchée ou trop soucieuse de sa ligne, et que j’allais sous peu devoir penser à le remplir. Mais on était dimanche, et dans notre ville, malgré toutes ses qualités, réussir à faire des courses ce jour de la semaine tenait du tour de force. Pourtant, c’était prévisible, j’allais avoir faim et soif, probablement autant que la veille. Par rapport à ce genre de choses, je préférais en général prendre les devants. J’étais une pauvre petite fille riche qui pouvait manger à sa faim, quand elle daignait bien vouloir sortir pour se planter comme un balai à chiottes dans les files d’attente des caisses de supermarché. J’ai travaillé dans ce genre d’endroits je les connais bien, et c’est de là que viennent une bonne part des vérités que je me suis faite m’étais auto-inculquées sur la triste condition humaine.

   L’homo sapiens mâle ou femelle n’a jamais l’air plus pathétique et inutile que lorsqu’il fait ses courses – parce qu’il faut bien manger pour vivre - et qu’il reste planté là dans la file d’attente à attendre pour payer en se préparant à râler, intérieurement ou non, parce que tout est trop cher et qu’il le sait et qu’il a raison mais qu’il finit par payer quand même parce qu’il n’y a rien d’autre à faire, sinon râler, intérieurement ou non, parce que tout est trop cher, et plus pitoyable que - car l’homo sapiens est bourré de paradoxes et de « ressources » - lorsqu’il qu’il fait ce qu’il fait le mieux, à savoir la gueule, et ne va dire ni bonjour ni merci ni au revoir à la caissière - ou au caissier, oui l’homo sapiens a découvert l’égalité des sexes – pardon l’hôtesse de caisse – il a aussi inventé le politiquement correct – qui à force de voir des homo sapiens râler et ne lui dire ni bonjour ni merci ni au revoir va se mettre à sombrer, inconsciemment ou presque, dans la technique dite du « miroir clientèle », et va râler à son tour, intérieurement ou non, faire la gueule sans dire ni bonjour ni merci ni au revoir, par simple réaction instinctive de défense, et aussi parce qu’elle sait que tout est trop cher et qu’elle a raison, mais prendre l’argent quand même, parce que si elle ne le prend pas elle sera virée, ne touchera plus son maigre salaire et ne pourra donc plus aller plus tard, pathétique et inutile et pitoyable, faire ses courses de son côté - parce qu’il faut bien payer pour manger pour vivre - se planter dans la file d’attente pour attendre et râler, intérieurement ou non, parce que tout sera trop cher et qu’elle le saura et qu’elle aura raison mais qu’elle finira par payer quand même parce qu’il n’y aura rien d’autre à faire, sinon râler, intérieurement ou non, parce que tout sera trop cher.

   Ceci n’est qu’une des mes théories de l’époque. Je voyais les choses ainsi, à l’époque. Avant. Depuis l’homo sapiens et ses caissières ont beau avoir disparu, je ne regrette pas et ne pense malgré tout pas m’être trompée. Quelquefois je me sens juste un peu atrocement seule.

   Après de sévères tractations avec mon moi glandosophe – je reviendrai plus tard sur cette notion très importante de glandosophie que j’ai déjà abordée un peu plus haut - qui ont duré le temps de trois sonates pour piano de Mozart sur mon cher canapé je décidai donc de sortir à la recherche de magasins ouverts. En franchissant la lourde porte de mon immeuble je me sentis assez légère, danke schön Wolfgang, et il faisait au moins aussi beau que le matin. Beau et chaud, aussi, malheureusement, mais je m’étais habillée en connaissance de cause, le genre de tenue qui parfois vous fait traiter de salope d’allumeuse ’m’en fous j’ai trop chaud, pour que la température me soit plus supportable, et c’était efficace, mine de rien. Dans tout le centre-ville le ciel bleu déteignait sur les hauts murs gris-beige. Les homo sapiens arboraient alors leurs tronches plutôt réjouies du dimanche. Mais moi j’avais une fois de plus faim et errais sans but sinon un endroit où remplir un caddie. Malheureusement encore j’eus la mauvaise idée de me retrouver devant un de ces restaurants soumis à l’arche puante alors que sortait un client à l’air blasé, et l’odeur pestilantielle de friture saturée de sucre m’attira à l’intérieur comme une drogue dure. Cela faisait une éternité que je n’étais pas entrée dans un de ces machins, et j’en étais on ne peut plus fière. Comme avant d’envoyer paître des mois voire des années de cure de désintoxication. Il n’y avait que très peu de monde. Je jetai un œil à ma montre 17 heures 36. Normal. Cela ne me dérangeait bien évidemment pas. Je m’approchai de la seule caisse ouverte et la puanteur se fit de plus en plus insupportable et irrésistible. Elle était tenue par une Noire sculpturale répondant, selon la petite étiquette en plastique épinglée sur la magnifique poitrine, au doux nom de Naomi. Je manquai de rire. Dans de telles circonstances, cela évoquait autant Naomi Campbell pour la forme que Naomi Klein pour le fond. Mais sans vouloir me montrer insultante je doute que Naomi ait déjà entendu parler de Naomi Klein. J’ai dit sculpturale et je maintiens, mais force était de constater que la fatigue évidente et la lassitude non moins compréhensible de Naomi ne la rendait ni aguichante, ni serviable ou encore moins aimable, pas plus qu’elle ne lui donnait l’air intelligent. Néanmoins chacun sait qu’on pardonne tout à la perfection physique. Ainsi je laissai passer l’impolitesse et commandai mon menu sans broncher face à sa trop belle trop lisse tronche de cake, ni même resonger au fait que très très souvent il y a des baffes qui se perdent très très loin. C.Q.F.D. Le premier étage était à l’image du rez-de-chaussée ; quasi-désert. Je m’assis dans un coin de la salle et avalai en moins de deux petites minutes avec un plaisir inexpliquable mon hamburger froid, tout de traviole et gluant. Les doigts pégueux j’attrapai mon usine à rot avant d’attaquer les frites en essayant tant bien que mal de prendre un peu mon temps. Je n’avais pas tout à fait mangé le tiers du maxigros cornet que deux gamins, un garçon et une fille, ostensiblement en couple car à cet âge on aime beaucoup montrer qu’on a enfin trouvé quelqu’un pour former un couple mais que pour le montrer on sait pas faire autrement que s’embrasser ou se tripoter à outrance, firent leur apparition et s’affalèrent direct sur la banquette à l’opposé de la mienne en jetant bruyamment leurs plateaux sur leurs tables. Je notais qu’ils étaient tous deux parfaitement assortis, d’une laideur inconcevable, gras et maigres à la fois, boutonneux, le look tirant vers le n’importe quoi qui se cherche pour faire original, entre le rasta le punk et le gothique – si, c’est possible – avec les cheveux qui schlinguent même de visu et les piercings infectés en prime. En résumé le premier coup de vieux agréable que j’aie jamais ressenti. Agréable et pourtant inutile. Je finis mes frites et mon soda aussi lentement que faire se pouvait, puis m’enfuis comme une grande fille courageuse. Le ventre maintenant trop – mal gavé - plein l’odeur du lieu prenait des relents insupportables pour moi qui n’y était plus habituée. Je sortis juste à temps pour ne pas vomir. Naomi me regarda passer avec un air ahuri tellement parfait qu’on aurait dit qu’elle venait de l’Actor’s Studio. Une fois dehors je pus reprendre mon souffle et me reconcentrer sur ma mission en cours d’avortement qui était je le rappelle de remplir mon réfrigérateur vide comme un cerveau de téléspectateur de TF1. Je jetai un œil à ma montre 18 heures 02. J’avais toujours eu horreur de cette heure. Etais-je la seule ? Probablement pas. Aujourd’hui c’est tout à fait le genre de sujet anodin voire sans interêt que j’aimerais beaucoup pouvoir de temps en temps aborder avec des gens comme cette chère Justine, anodine et tellement sans interêt.

   18 heures c’est l’heure de rien. Quand t’es petit c’est plus l’heure de goûter, c’est plus l’heure de l’école, mais c’est plus tout à fait l’heure de jouer non plus, c’est ni l’heure du repas, ni celle de se rendre constructif, mais c’est celle de faire ses devoirs. Plus tard c’est plus celle du thé mais c’est pas encore celle de l’apéritif. C’est celle des conneries à la télé devant lesquelles on se plante avec fatalisme, parce qu’on est trop crevé par sa journée pour se forcer à suivre les rares émissions intéressantes et/ou instructives. Pour en revenir au thé, chez les Anglais c’est l’heure des infos, vous imaginez ? Ah, vous saviez déjà… Vous vous souvenez, bien, bien, bien…

   Moi, les Anglais, à part leur musique et leurs puddings, on peut pas dire que je les portais dans mon cœur. Mais avec du recul, étant donné que la Musique faisait et fait toujours partie des choses les plus essentielles pour moi, je crois qu’il s’agissait plus de jalousie respectueuse que de racisme. Et puis je me dis que je devais être trop conne pour saisir les subtilités de leur humour. Tant pis. J’aurais dû y porter plus d’attention. You can scream and you can shout it’s too late now.

   There is no way out.
18 heures 05 mais je décidai de prendre un apéritif malgré tout. Aucune raison de se laisser abattre, après tout. Je me lançai donc dans la recherche d’un bar ou d’un café sympa comme notre ville sait paraît-il si bien les faire. Déterminée je décidai néanmoins rapidement de ne pas jouer les difficiles et me dirigeai vers le premier qui me fit bonne impression, alors que je zieutais à droite à gauche depuis la rue principale en me disant que si bar ou café sympa il y avait, il serait plus susceptible de se trouver dans une des perpendiculaires. Avais-je raison n’avais-pas raison ce n’est pas à moi d’en juger. Quoi qu’il en soit j’en vis un que je ne connaissais pas – mais vous aurez compris que j’ai rien d’une autorité en la matière – et qui me plut d’emblée, sans que je comprenne trop pourquoi parce qu’à première vue disons que l’extérieur ne payait pas de mine. Mais déjà, s’appeler « Au Chien Qui Bande », fallait oser. Je crois que c’est ce nom et ce nom seul qui m’a convaincue d’aller voir à quoi/qui j’avais à faire. J’imaginais les présentations au téléphone : « Café Au Chien Qui Bande, bonjour ! Oui, mademoiselle, nos happy hours sont de 17 à 20 heures. Vous avez vu la pub dans Labrador Magazine ? Eh bien tant mieux, au moins ça veut dire que ça sert à quelque chose » Ah, ça, ça devait toujours mémorable les happy hours du Chien Qui Bande ! Encore heureux qu’on appelle rarement des cafés. En même temps on choisit pas un tel nom sans penser aux conséquences, non ? Alors que je m’approchai je souriais sottement en continuant d’imaginer des bouts de dialogue : « Allez, on va s’en jeter un au chien qui bande ! » ou « Eh, ça vous dit d’aller fêter ça au chien qui bande ? » ou encore « Chéri, mes copines me proposent d’enterrer ma vie de jeune fille au chien qui bande, c’est chouette, non ? ». À dire vrai j’aurais donné cher pour voir la tête du futur époux… Quoi qu’on puisse lui reprocher, ce nom claquait bien – sans mauvais jeu de mot – et ne devait pas avoir le moindre problème pour être retenu voire répété, par plaisir. Il n’y avait jamais eu assez de choses pour sourire en ce bas monde. J’entrai donc sans hésiter

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Published by injektileur - dans nous sommes des monstres
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commentaires

Doddz 09/01/2010 19:50


ahh Nietzsche. Ce mec qui parlait du surhomme dans un de ses bouquins...mmmmmh. Mais c'est moi où tous les verbes "faire" de ton texte sont en gras? C'est voulu? :o


injektileur 09/01/2010 20:07


oui, c'est intentionnel, j'ai pensé que ça allait avec le thème mais je trouve que ça ne ressort pas trop, juste ce qu'il faut, sans gêner la lecture
tu n'es pas d'accord?
j'ai un peu plus de doutes sur le passage comparatif entre la lettre et les commentaires de la lettre, mais...


AnGeLe 01/12/2009 17:09


"Glandosophe" lol !
Toujours cette écriture qui s'exprime, qui a le mérite de ne pas céder à la mode de la coupe à tout va...


injektileur 01/12/2009 20:15


si ça te plaît toujours tant mieux! ^^
effectivement, la forme carrée est intentionnelle. je ne voyais pas, au début, comment faire des chapitres et j'ai continué comme ça.


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