Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 05:22

Bien que le groupe se soit reformé de façon ridiculement éphémère récemment, les plus jeunes d'entre vous pourront parfois, j'imagine, tout arrive et c'est triste, ne pas connaître de nom le groupe de britpop "The Verve", devenu culte de façon progressive tout au long des années 90. Je n'en dirai pas du mal, non. C'est juste la nostalgie qui prend à chaque fois que j'entend "Bitter Sweet Symphony" (que tout le monde a, par contre, déjà entendu une fois) qui rappelons-le, a plus ou moins été "piqué" aux Rolling Stones et ont fait gagner encore un peu plus de sous aux papis Jagger et Richards. "The drugs don't work" et "Lucky man" sont dans leur genre des chansons assez parfaites aussi, et même si je n'ai jamais complètement accroché, elles m'ont assez vite parlé. Les titres, aussi, jouent pas mal leur effet, c'est le cas de le dire.

Si j'en parle aujourd'hui, c'est justement pour dire qu'il y a des titres (d'album, je m'entends) dont on se souvient. Et lorsqu'après une nouvelle séparation du groupe, le chanteur Richard Ashcroft a sorti son premier album solo "Alone with Everybody" ("Seul avec tout le Monde" pour les nuls en anglais), en 2000, je me suis senti immédiatement concerné.
Avant d'écrire cet article, je n'avais jamais vraiment écouté cet album, j'avoue. Le personnage me débectait un peu, aussi, j'avoue. Mais le titre, lui, résonne chaque jour un peu plus dans mon petit esprit rétréci par les épreuves.

La solitude est partout. Je l'évoque à peu près constamment dans ce blog. Elle est pénible et puante, mais jamais pire que lorsqu'elle vous assaille au milieu vos semblables. Au Japon j'ai vécu dans des villes gigantesques et bondées, et il n'y a je pense jamais eu aucun meilleur moyen de se rendre compte à quel point on est seul que de se confronter à la foule. Cliché, vous avez dit cliché? Porte ouverte enfoncée? Ma foi oui. J'assume. La solitude dans la foule est une abomination. La petite voix qui vous dit que chacune des personnes qui vous entoure est seule elle aussi ne vaut rien. Vous êtes seul, depuis la conception, où on nous bassine avec les liens indéfectibles qui unissent une mère au foetus, mais où l'on sait que dans son liquide amniotique la cellule, puis embryon, puis foetus créé sera seul pendant 9 mois, avec la vie de sa génitrice comme seule assurance de la sienne, jusqu'à la mort, dans le sommeil la surprise ou la souffrance. Vous pourrez avoir fait des milliers de concerts devant des dizaines de milliers de personnes, vous pouvez avoir accumulé plus de richesses que la décence l'autorise, vous pouvez avoir fait 20 fois le tour du monde ou être resté dans un périmètre de 10 kilomètres autour de votre village, vous pourrez avoir introduit votre pénis dans des centaines et des centaines de vagins et d'anus, vous être laissée pénétrer par autant de choses qu'il est possible de les calculer, la solitude est la même. Et je ne suis pas certain que mes semblables réfléchissent assez sur eux-même par rapport à leur solitude.
Les humains se voilent ainsi la face à un point risible. Surtout quand ils agissent en groupes. Peu importe la taille du groupe. Les sociétés modernes se sont formées autour de l'idée du libéralisme, donc de l'égoïste "chacun pour sa gueule". C'est le prix à payer pour la liberté que nous avons (et qu'il faut chérir) de pouvoir dire merde, de temps en temps. Après cela, des familles sont créées, les enfants sont moins nombreux. On leur inculque sans en avoir conscience cette idée égoïsme. Je me souviens d'une discussion avec un ami qui m'a appris (ou confirmé, je sais plus) que nous ne savons plus être heureux. Depuis les années 50 nous n'avons que su nous procurer du plaisir. Il est vrai que c'est pratique, l'idée de plaisir, et encore plus abouti que la religion "opium du peuple" comme disait Marx. Mais Marx a bon dos, en fait. La religion et les sectes ont récupéré l'idée de bonheur à leur compte depuis si longtemps... Tout le reste est centré sur le plaisir. Donc, argent, dépenses, richesse, sexe ivresse et blabla. Pour oublier la solitude. La grande arnaque de la religion c'est d'avoir fait croire au gens, jusqu'à aujourd'hui, qu'elle arriverait à leur tenir compagnie. Mais le monde tel que nous le connaissons est trop pourri et trop triste pour que nous nous interdisions les plaisirs. Attention, je suis loin de faire exception. Je préfère le préciser parce que dès que je pars en couille comme ça, j'ai toujours peur qu'on crois que je donne des leçons. Ce n'est pas du tout le cas. Je constate, c'est tout, et ce, avec mes moyens de type très moyen.
En première, mon professeur d'histoire-géographie nous avait résumé comment rédiger un devoir type. Cela tenait en deux verbes "Je décris, j'explique". Ca m'a suffisament marqué pour que j'en reparle ici, et pour que je l'utilise presque inconsciemment dans mes fictions (enfin, j'en ai l'impression). Merci, monsieur.

A chacun et chacune ses plaisirs. Si ces plaisirs sont légaux, et qu'ils ne ruinent personne, on peut difficilement juger. En revanche, si certains refusent de voir la vérité en face, les choses risquent de péter très gravement pour eux un jour ou l'autre. Plus ce sera tard plus ce sera grave. Personnellement, la solitude, je l'ai déjà dit, je l'a connaît très, très bien. Je suis champion, et je me fiche de passer encore pour un prétentieux. Je l'ai analysée sous toutes les coutures, elle n'a aucun secret pour moi. Elle est horrible, elle pue de la gueule et transpire même en plein hiver, mais je m'y suis attaché, à vie. C'est un fardeau sans lequel je me sentirais à poil, et trop léger. Vous savez, le pauvre qui gagne une somme folle au loto, la dilapide et finit par se suicider, croulant sous les dettes. Eh bien ça ne sera pas moi. Ma solitude pue du cul, mais je la garde. Question de survie. Paradoxal? Peut-être. Mais à mon petit niveau mon devoir reste de prévenir le plus franchement possible les naïves et les naïfs que les illusions ne dureront qu'un temps. Il n'y a pas d'exception, aucune, absolument aucune. Il faut impérativement faire avec. Ne jamais, jamais se leurrer. L'amour, quel qu'il soit, ne dure qu'un temps. Soit on rompt, soit on divorce, soit on meurt, et comme dirait Brel "celui qui reste se retrouve en enfer". L'amitié, la vraie, est normalement plus solide. Mais le résultat est le même. Et j'emmerde les clichés.
Je n'ai jamais cru à cette connerie de "l'enfer c'est les autres". L'enfer est en nous, vide, silencieux et beaucoup plus froid qu'on l'imagine. Et je viens de répéter son nom plein de fois dans cet article.

Nous sommes seuls, avec tout le monde, comme tout le monde. Merci Richard. Pas pour la musique, juste pour le titre.
Et bon, pardon à Jean-Paul par la même occasion...

Partager cet article

Repost 0
Published by injektileur - dans divagations
commenter cet article

commentaires

AnGeLe 13/12/2009 19:30


Je t'en prie ^^


AnGeLe 13/12/2009 12:50


Certes la Solitude... Je suis d'accord avec toi... Se voiler la face, il n'y a aucun doute.
Mais l'Amitié, l'Amour existent, sont là, et quand ce n'est pas la Mort qui les stoppent, alors c'est que ces sentiments n'étaient pas pertinents (parler de pertinence dans les sentiments, n'ai-je
pas honte ? Presque...).
Alors puisque de toute façon la Vie ne rime à rien, il faut s'attacher un maximum à ce que l'on ressent de positif. Parce qu'on a beau se voiler la face, le Beau existe. Par petites touches,
régulièrement, ou rarement ; peu importe. Il faut l'avaler et ne pas le digérer.
(petit contre-balancier légèrement plus optimiste ^^)


injektileur 13/12/2009 19:28


tu as complètement raison ; c'est juste que des fois je suis un peu fatigué. merci. ^^


Introducing...

  • : pour la main gauche
  • pour la main gauche
  • : des essais d'essais de romans en ligne, avec des nouvelles aussi, de la musique, de la poyézie, des traductions, quelques jeux vidéo et des bouts de pseudo-réflexions personnelles dedans...
  • Contact

injektzik

Sur Le Long Terme