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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 06:36

 

 

 

 

D'ici d'emblée, la garantie que vous allez en bouffer, du Canadien enragé. Préférer prévenir que guérir, même si la guérison est hors de portée. Comment voulez-vous trouver une quelconque sérénité ou motivation lorsque quelqu'un vous fait comprendre en quelques minutes qu'il a déjà fait ce que vous avez toujours rêvé de faire, des siècles avant vous, en qualité comme en quantité. Et il y a frustration parce que les limites que vous vous connaissez ne sont rien comparées à celles qu'on vous inflige à chaque fois que vous appuyez sur le bouton, virtuel ou non. Certains sont galvanisés par la grandeur, d'autres terrifiés, et d'autres encore incroyablement frustrés, bloqués dans leurs petites idées propres dont ils n'arrivent jamais à sortir et qu'ils ne sortiront jamais.

Faire son truc, faire son trou, évidemment, évidemment.

Mais les obsessions sont là, elles sont communes et ne s'apparentent jamais à du vol puisque vous arrivez bien bien après la musique. Quand tu allais on revenait, rien n'est plus vrai.

Se demander ce qui est grand et petit, se demander si c'est à notre portée ou non. Et au final souffrir affreusement de se faire ouned par l'ensemble des artistes que vous aimez plus que tout au monde, depuis votre naissance.

 

 

 

(musique : Venetian Snares - toujours - Pwntendo. Vidéo mise en ligne sur youtube par OpenEyeVisuals)

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 11:11

Travailler dur et dru pour accélerer le rythme sale et la fausse éloquence de ces lignes en cascade.

Hallucinations individuelles en boucles courtes et serrées

Crispation entière et triste potentiel incarné

Drames relatifs et excommunication exigée

Lourds tremblements à peine contrôlés

Passif douteux sans expiation nécessaire

Chien aux abois qui ne mord pas

Sacrifice permanent et probablement prioritaire

Humanité du grave du pire du circonspect du las

Terrorisme mental qui vous abreuve sans voix

Peuplades modernes équipées et dérisoires

Trafiquants heureux honnêtes et gras

Femmes d'un soir puis d'un soir puis d'un autre soir

Travailler à perte pour garder le rythme bancal et l'éloquence avariée de ces lignes en débandade.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 22:22

 

 

 

 

Contrairement à ce qui a souvent été dit une fois parti sur des bases saines vous n'avez plus rien à craindre il suffit de vous laisser porter même si parfois cela peut vous sembler insensé. Cela fait maintenant des années que vous savez que le verbe et les mots n'ont absolument aucune valeur et que seule compte cette ligne fragile et imparfaite qui vous mène droit à ce que vous n'avez jamais cessé de chercher, l'énergie commune à tout l'inutile et l'essentiel du vivant en création.

Il suffit de vous laisser porter et malgré les difficultés vous y parvenez au final, sans rien dans le nez ou dans les veines. Vous n'avez jamais eu aussi peu peur de quoi que ce soit. Quelques instants, l'espace de quelques instants incomplets, incomplets seulement vous avez les visions que vous cherchiez, vous avez les visions que vous comprenez seulement quelques centièmes de secondes après qu'elles vous transpercent de part en part.

Seules comptent pour vous les images en boucles et les sons qui leur sont affiliés. Et quand ces boucles fondent vous êtes prêt comme vous ne l'avez jamais été, quand ces boucles explosent vous êtes conscient et vous appréhendez le moindre changement de pression dans l'air que vous ne respirez plus ne vous leurrez pas.

Les exercices las, les exercices continuels s'agglutinent pour vous et pour vous seul et seul dans ces exercices vous savez puiser les ressources nécessaires pour continuer sans relâche à piller éhontément ces dimensions étrangement familières et bancales. Quelques centièmes de secondes seulement entre appréhension et compréhension, avec au bout l'évasion, cette parfaite consolation comme récompense d'efforts au final minimes.

 

 

 

 

(musique : Venetian Snares - encore - Második Galamb. Mis en ligne sur youtube par MrDeadMartin)

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 17:04

Je ne sais pas vous mais personnellement j'ai effacé ma page facebook il y a des années, et je ne le regrette pas. Le problème c'est que comme la pire des boîtes parisiennes, quand vous n'en êtes pas vous pouvez difficilement vous faire une idée réelle de ce qui s'y passe. Façon comme une autre de répéter que comme vous le savez, sans compte la grande majorité des informations générales ne vous sont pas disponibles. Et c'est légitime.

Malgré cela, si vous cherchez bien bien vous trouverez des gens pour en parler à votre place. Les blogs tombent comme des mouches - il paraît - parce que facebook les remplace petit à petit. Ce qui est triste c'est justement la semi-professionnalisation de ces blogs pour parvenir à leurs fins.

Des pubs horribles en bannière, à la rigueur. Mais que ce soit dans la mode, dans les jeux vidéos ou autres, les sponsors d'articles sont une vraie plaie car ils retirent tout ce qui faisaient de "l'internet perso" son utilité et son charme et son utilité.

Le blog pour donner de ses nouvelles à ses proches n'a presque plus lieu d'être. Presque, parce qu'il reste suffisament modelable pour donner une touche personnelle donc à ce que "nous" faisons, en comparaison de ces pages facebooks toutes identiques, bourrées de pubs, donc, et de machins inutiles, de données "dangereuses" parce qu'utilisées "contre" les utilisateurs par les entreprises pour leur vendre ce qu'ils "attendent", soi disant.

D'un côté "rentabiliser" son blog de l'autre essayer de communiquer ce qu'on a à dire, contre vents et marées où il ressemble à ces villages désolés dans les westerns avec la boule d'épines qui traverse la grand-rue en terre.

Et puis vous avez facebook et son omniprésence, ses tics insupportables, ses pubs envahissantes, et tout le reste, comme si vous aviez l'ensembles des connards de la Terre dans votre salon ou votre chambre où sur votre portable dans le métro et là, oui, je vous l'accorde, ça n'a pas trop changé depuis au moins 50 ans.

Bref, on peut sauter sur sa chaise ou son strapontin en disant " facebook ! facebook ! facebook ! " mais cela n'aboutit à rien et ne signifie rien, notamment du point de vue économique. A son introduction en bouse, freinée par le fait que les dirigeants se refusent à la transparence des comptes de l'entreprise, ceux-ci seront bien obligés d'avouer que leur fortune est basée sur quelque chose de plus léger que l'air. Au coeur du problème la sacro-sainte gratuité du site qui, si elle arrange et ravit évidemment les utilisateurs, pose beaucoup de problèmes côté finances. Car il n'est pas besoin d'avoir fait de grandes études d'économies pour comprendre à quel point la publicité seule n'est pas viable pour une grande entreprise. Je pense aux chaînes de télé privée comme TF1 qui se sont réfugiées là-dedans et qui se retrouvent dans une crise assez conséquente.

 

Je ne parlerai même pas du côté "social" des réseaux "sociaux" que je trouve ridicule une fois qu'on est confronté au problème de se retrouver en train de bouffer des pâtes au beurre devant son écran tous les jours de la semaine  et du weekend alors qu'on a des centaines "d'amis" qui vous expliquent combien leur vie est géniale. Vous avez la vitrine avec le "soutien" aux révolutions arabes, et la réalité des no-life.

 

Je vous donne ici une opinion subjective, car j'ai toujours détesté la publicité en général, dans son idée première de racolage du client quel qu'il soit où qu'il soit. Et je suis de plus en plus persuadé que, contrairement aux chiffres qu'annonce l'irep la reprise de 2010 masquera difficilement le pourrissement du milieu sur le moyen terme.

Mon but ici n'est pas de faire une grande démonstration de quoi que ce soit parce que je n'en ai pas du tout les compétences. Ou de remettre en cause l'existence des réseaux sociaux en tant que tels parce qu'ils font partie intégrante et essentielle de notre société actuelle. Simplement faire penser que l'arrivée de facebook en bourse finira par prouver les grandes limites du système du tout publicité que nous subissons depuis disons 30 ans.

Et puis si j'ai tort, j'aurais tout le loisir d'effacer cet article et d'essayer de faure croire que je n'ai jamais rien écrit de tel. Yay. "J'aime ça" et suis sûr que vous aussi.

 

(la prochaine fois ce sera twitter. lols yeah, "j'aime ça" encore plus.)

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 23:23

Oui, parce que c'est bien beau tout ça mais grosso merdo tous les ans on ouvre pareil, dans un sens comme dans l'autre et je crois bien avoir choisi mon camp. Ca fait un bail que j'ai choisi mon camp mais comme faire le traître ça peut s'avérer sympa j'imagine alors je teste.

un deux, un deux, mic check, broum broum *s'éclaircit la voix

tchip tchip ( ou cui cui, mais personnellement cui cui je trouve ça un peu ringard)

Donc, blabla la vie s'éveille avec les oiseaux dans les arbres qui bourgeonnent et une jolie scie musicale gratuite dans le crâne

 

 

 

 

 

 

Ayé, maintenant vous êtes paré avec la pire musique composée ces 500 dernières années. Car "we are the champions" a pour mérite de n'avoir été commercialisé qu'en 1977, et a beaucoup de chemin à faire pour la rattraper. Oui, au printemps les trolls aussi sortent de leur terrier sans s'être brossé les dents donc ça refoule pas mal.

Reprenons, reprenons, les arbres, les oiseaux, la nature tout ça tout ça, les animaux qui s'accouplent et les jeunes filles en fleurs sans toujours avoir eu la présence d'esprit de se raser les jambes. Vous avez dans l'air ce parfum de baise très amusant sauf pour celles et ceux qui ne peuvent pas trop se sentir concernés.

Le printemps c'est bien, on recommence à ouvrir les fenêtres parce qu'on vous dit que les émanations radioactives japonaises sont trop faibles pour être dangereuses pour votre santé.

Le printemps c'est bien, parce qu'on peut s'installer aux terrasses des cafés sans leurs bâches et faire semblant d'avoir l'air de faire quelque chose de sa vie. On peut presque mater tranquille et se la jouer grand écrivain avec son  faux moleskine à côté du café dégueulasse à 3 euro la tasse. Vous aurez aussi la variante avec les dessinateurs, ou pire - genre vraiment pire - les acteurs qui récitent tout haut leur texte, ou encore pire, les chanteurs. J'ai très envie de revenir sur les chanteurs, un jour, d'ailleurs.

Le printemps c'est bien, parce qu'on prend à nouveau plaisir à faire la gueule à tout ceux qui vous expliquent que le beau temps - même théorique - c'est vachement sympa. Vous pouvez aussi apprécier les vêtements qui raccourcissent. Même ceux des mecs plein de poils, toujours. Car si chez les autres mammifères c'est l'hiver ou la fourrure s'épaissit, chez les humains - mâles, dans le meilleur des cas - c'est au printemps qu'elle se montre.

 

A méditer donc. Tout est histoire de poils et d'hormones et de reproduction. Vive le printemps où on peut à nouveau se balader tout nu en forêt pour se filmer avec sa copine et tenter de faire fortune dans le porno.

La saison des possibles, yeah.

Vive le printemps et vive nous. Et parce que je sais que vous n'avez que ça en tête voici un petit cadeau.

 


 


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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 04:04

 

 

 

Ludivine

Tu m'as fait rêver tant et si bien autrefois que des fois il me plairait à nouveau de t'éponger les langueurs

Subtile esquisse finie parmi les L tu valais dix mille fois mieux que Lucile ou Lola et aujourd'hui encore tu me perds en solitude

Mais Ludivine mon coeur

Si à l'intérieur tu n'avais pas si peu changé

Si tout n'était pas parti en sucette aigrie

Si seulement tu avais su la drôle de sincérité de mes cochonneries

Si seulement tu pouvais imaginer les états dans lequels tu me mettais peut-être devrais-je accepter ta très légitime incertitude

Ludivine, ma Ludivine adorée

Parce qu'avec des si j'aurais pu te débarrasser de tes foutues abeilles

Parce qu'avec des si je savais à l'époque mettre Lou et Lili en bouteille

Lorsque Laure et Ludmila ne faisaient pas semblant de se refuser à moi

Mais toi, mais toi tu me faisais fantasmer du soir au matin pour un oui pour un bien

Tu dis que te souviens mais tu ne saisis toujours pas

Tu dis que tu étais jeune mais tout le monde peut voir que tu ne rattrapes rien

Ludivine

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 16:16

Faisons des essais parfois facilités par certaines substances légales dont vous n'avez pas idée, non vraiment, faisons en sorte que cela reste cohérent jusqu'au bout puis jusqu'à l'écroulement oublié la rapidité de la chose. Cohérence maîtresse des mots et des couleurs et des lignes dans les lettres mouvantes. Cohérence par définition très fatiguée.

Déception. La tête en avant puis en arrière ne sont plus ce qu'elles étaient. Elles ont perdu la conscience de leur valeur au moins à mes yeux. Et avec ça pourtant, avec ça malgré ça elles vaincquent sans gloire.

Les essais parfois facilités par certaines substances légales dont vous n'avez pas idée. Les vies imprévues la solitude convenue. Certaines substances légales qui ne changent rien probablement.

Incliner la tête devant son écran comme un chien devant un sucre. Analyser ce qui peut encore être analyser. La conscience consciente et seule dans son trip étrange sans les hallucinations en embuscade.

Les animaux me manqueraient, un peu, si j'avais eu la chance d'en apercevoir un plutôt que ces cauchemars perpétuels ses monstres paralysants quasi-meurtriers.

Je ne sais pas dans quoi j'entre ici mais ces visions sont agréables. Elles me protègent tandis que je les inventent sciemment.

Protégé, donc. Tout est tellement calme.

Tout est tellement calme. La tête ne bouge plus et les yeux restent ouverts.

Jusqu'à quand jusqu'à quand ?

Dis-moi dis-moi qu'expérimentes-tu ici cette fois ? Tu veux te confirmer que les drogues légales "calment" ton corps et tes doigts ?

Oui, ça m'a bien l'air d'être le cas. Maintenant je suis bien là où je suis et j'aimerais ne plus jamais en ressortir. L'autre jour je plaçais l'épure dans un texte absolument génial - n'est-ce-pas - de ma composition mais je ne suis pas encore en mesure de savoir si cette épure à bien été atteinte ce matin très tôt. Il est très tôt mais l'épure peut attendre quelques heures.

Le clavier apparaît soudain comme le vrai gars chiant de l'épique, tout fier de lui parce qu'avec lui toutes les images sont claires pour le lecteur. Pauvre lecteur.

Mais avant de vous écrouler, avant que je m'écroule voyez comme je m'implique, avant que je m'écroule s'il vous plaît sachez bien que je m'investis complètement dans ma fonction de bloggueur clair quand il s'exprime.

(Vous trouvez pas ?)

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Published by injektileur - dans insanités
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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:57

C'est une gageure que de se débarrasser de ses obsessions plus ou moins chroniques. Par ici les jeux vidéo se sont tus petit à petit et ce n'est pas un mal a priori. Sans être certain qu'ils ne reviennent pas un jour avec des renforts et là certains pourront trouver ça inquiétant.

Mais quoi qu'il arrive pas plus inquiétant que la situation de notre monde.

Et quand il faut passer à autre chose en attendant la transition n'est pas toujours des plus faciles. Car il faut meubler et se recentrer sur des choses plus constructives.

Comme par exemple des textes abandonnés depuis des années qui par miracle vous parlent encore. Les textes qui comptaient pour vous, les textes auxquels vous continuez de vous accrocher avec plus ou moins de force.

Passer à autre chose est une activité à plein temps. Revenir sur vos fondamentaux il faudra le faire en heures supplémentaires. Ecrire plus sans gagner plus sinon un peu de construction dans une vie qui dépassera jamais les fondations.

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Published by injektileur - dans divagations
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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 02:02

Vous ne l'aviez pas vue venir, cette fin-là. Vous l'aviez tant attendue que vous tremblez à l'idée qu'elle arrive pour de bon. Que ce soit celle-ci qui arrive pour de bon. Trop de films, de romans, de séries, de fantasmes.

L'atome, on vous avait expliqué que c'était complètement passé de mode.

Vous vous réveillez un peu en sueur, un peu plus tôt que d'habitude ou plutôt en pleine nuit. Vous allez vérifier que dans leurs chambres vos enfants dorment tranquilles. Puis vous irez vous recoucher, à peine rassuré.

 

Vous ne l'aviez pas vue venir, ou presque, et vous ne vous en portiez pas plus mal. Un pays qui fait peur quand les caméras se tournent vers lui. Ne vous inquiétez pas ce sera l'histoire de quelques semaines, quelques mois tout au plus. Vous êtes chez vous, bien au chaud dans votre lit. Vous avez déjà oublié ce qui s'est passé depuis le début de l'année, des morts par immolation, des massacres organisés qu'un séisme sans précédent vient masquer. Puis la vague. Puis les radiations. Vous avez un peu peur, tout le monde à un peu beaucoup peur, tout le monde vit trop près d'une centrale nucléaire. Et quand ce n'est pas une centrale c'est une usine de traitement des déchets.


Il fait finalement peut-être un peu trop chaud dans votre chambre.

 

Vous ne l'aviez pas vue venir ou presque, et vous ne vous en portiez pas plus mal. Il ne s'agit pas d'accumulation puisque la mémoire médiatique ne dépasse jamais quelques dizaines de jours. Non, il ne s'agit pas d'accumulation, juste des images de quand vous n'étiez pas né, ou presque, des images qui restent gravées dans l'écorce noircie.

 

La vérité est que vous avez peur et faites des cauchemars réguliers. Vous vous réveillez et allez vérifier que vos enfants dorment bien. Des dictateurs, des criminels de guerre, des mensonges, des fausses allégations, les radiations, la panique qui surchauffe lentement. Vos enfants dorment bien, vous beaucoup moins. En tant qu'humain vous vous dites que les humains en ont vu d'autres. Les humains en ont vu d'autres, oui, et ce n'est que le début, quoi qu'il arrive. Ils se relèveront, vous vous relèverez.

 

Vous regardez trop la télévision, vous lisez trop les journaux. Et vous avez de plus en plus peur. Au delà de l'information devenue depuis si longtemps produit de consommation courante vous arrivez à saisir quelques instants la détresse des peuples auxquels vous ne connaissez rien.

Vous arrivez à comprendre que les décennies de souffrances à venir chez eux en arrivent à trouver un impact en vous.

 

Vos enfants vont bien et vous-même vous allez bien. Vous êtes sportif et  savez garder une alimentation équilibrée. Voire bio, si cela a le moindre sens. Vous le faites surtout parce que vous en avez les moyens. Et votre femme aussi va bien. Oui, vous avez du travail, une maison, une femme aimante des enfants mignons une famille unie.

Et dans l'absolu votre travail vous occupe beaucoup. Il vous permet de ne pas trop songer aux malheurs du monde. Quelle chance quelle joie.

 

Malgré cela cette fois, cette fin-là, vous ne l'aviez pas vue venir, vous ne vouliez pas la voir venir. Le nucléaire ? Une broutille bien connue. Les humains surconsommateurs par milliards ont besoin de cette drogue pour avancer. Le monde moderne n'est qu'un fumeur de cinquante ans qui se mettrait à pleurer à l'annonce de son cancer du poumon.

Malgré cela, vraiment, cette fois, cette fin-là vous ne vouliez pas la voir venir.  Et vous ne voudrez jamais la voir venir. Parce qu'elle ne vous concerne pas.  Parce qu'elle ne doit pas vous concerner. Parce que c'est loin. Et parce qu'il y aura toujours matière à rire.

 

Le mot est juste. On y trouvera toujours matière à rire, et le connard qui s'agite derrière son écran peut bien dire ce qu'il veut.

De toute façon dans l'inquiétude permanente on ne vit plus.

 

Tout ce qui compte c'est que vos enfants aillent bien.

 

Leurs enfants à eux ?

Vous vous êtes déjà rendormi.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

(musique : robokop, at war. Mis en ligne sur youtube par mrdubandbass)

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 14:00

"Ceux qui accusent les hommes d'aller tousjours beant apres les choses futures, et nous apprennent à nous saisir des biens presens, et nous rassoir en ceux-là : comme n'ayants aucune prise sur ce qui est à venir, voire assez moins que nous n'avons sur ce qui est passé, touchent la plus commune des humaines erreurs : s'ils osent appeller erreur, chose à quoy nature mesme nous achemine, pour le service de la continuation de son ouvrage, nous imprimant, comme assez d'autres, cette imagination fausse, plus jalouse de nostre action, que de nostre science. Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes tousjours au delà. La crainte, le desir, l'esperance, nous eslancent vers l'advenir : et nous desrobent le sentiment et la consideration de ce qui est, pour nous amuser à ce qui sera, voire quand nous ne serons plus. Calamitosus est animus futuri anxius."

 

Montaigne, Essais, Livre 1 chapitre 3 (1580)

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