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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 03:35

 

 

 

 

Ce matin je me suis réveillée et quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose en pleine tête, bruyant et impossible à identifier. Dans un lit qui apparemment m'appartenait je n'avais pas mal, mais je ne savais pas vraiment ce que je faisais là. Et le bruit ne m'aidait pas. Allongée sur le ventre, je gardais la tête enfouie quelques secondes dans des odeurs prégnantes. L'impression tenace de ne pas arriver à retrouver où je me situais dans l'espace  voire dans le temps durait beaucoup plus longtemps qu'à l'accoutumée. Ce n'est pas non plus comme si j'avais peur, non. J'étais seule et je n'étais même pas sûr que cela puisse me paraître évident. Beaucoup de rythme sourd, mais j'aurais voulu qu'on me certifie que je ne m'étais a priori pas endormie si seule quelques heures auparavant.  Mon lit me semblait bien chaud. J'avais erré dans mes mondes de plus en plus grands. Je me rappelais que j'avais cherché en vain un calme en définitive inexistant. Et le bruit se faisait progressivement plus dru. Mais je n'avais ni peur, ni mal. Et j'étais seule sans comprendre pourquoi. Je me demandais s'il y avait une quelconque épreuve  inconsciente pour moi, derrière tout ça.

Ce n'est pas comme si c'était un rêve, non plus. Les rêves sont surfaits, je m'en suis convaincue.

Et des êtres étranges bien réels criaient au loin des insanités bien réelles. Ils parlaient d'énergies gâchées à perte sèche. Ils ne cherchaient pas à me convaincre pour autant. Je suis tellement peu influençable.

Et pourtant. Ils se tenaient droits et pleins dans leur monde comme moi dans les miens. Et je n'y voyais aucun inconvénient. Alors que les rythmes se faisaient plus précis je me surpris à tapoter mon matelas du plat de la main.

Puis des deux mains. Et ces rythmes devinrent soudain musique insensée mais stimulante. Et cette musique ne faisaient partie d'aucune de mes inventions, mais je me dressai malgré tout. Je ne reconnaissais rien. Je n'avais toujours pas peur. Sans pression, presque excitée par l'idée d'une journée nouvelle jetée au milieu de l'inconnu.

J'avais trop dormi, assurément. Seule ou pas, je me réveillais ainsi presque rassérénée, comme élue dans  un lieu anormal mais bienfaisant à mes yeux mi-clos, sans vouloir comprendre pourquoi.

Et à cette heure j'avoue que j'attends un peu d'y retourner, sans vouloir imaginer comment.

 

 

 

 

(bon, oui, c'est très perfectible, mais j'ai cherché à "répondre" à la dernière note de cyrielle. L'idée de texte date d'il y a quelques jours, mais elle m'a inspiré les éléments qu'il me manquait, et comme souvent, ça n'a malheureusement plus rien à voir avec ce que j'avais prévu, ni avec elle-même d'ailleurs. Pour vous la décrire très (trop) brièvement, elle a du talent (beaucoup) et elle est adorable, ce qui n'est pas toujours synonyme vous le savez, j'ai pas mal déblatéré sur ce sujet précédemment. Donc voilà, pas satisfait pour un sou, mais content de trouver une excuse pour évoquer une illustratrice que j'affectionne particulièrement, avec de la musique que j'adore. Il s'agit du titre qui ouvre le dernier album de Grinderman, le projet parrallèle de Nick Cave et de quelques-uns des Bad Seeds. Je zappe d'emblée les remarques superflues de fanboy. Et j'abrège. Ouala)

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 04:19

"A quatre heures du matin, on ne fait rien en général et l'on dort, même si la nuit a été une nuit de trahison. Oui, on dort à cette heure-là, et cela est rassurant puisque le grand désir d'un coeur inquiet est de posséder interminablement l'être qu'il aime ou de pouvoir prolonger cet être, quand le temps de l'abscence est venu, dans un sommeil sans rêves qui ne puisse prendre fin qu'au jour de la réunion."

 

Albert Camus, "La peste" - 1947

 

 

CQFD?

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 15:02

Je me permets de céder aux traditions faciles. Tout blogueur - ou presque - "fête" forcément deux anniversaires : le sien et celui de son blog, avec parfois des bonus pour les proches et les amis. Dans mon cas, pour l'instant, ma "discrétion" me retient de citer ces derniers, mais pour ce qui est de mon humble personne, je vais sérieusement commencer à vieillir à partir de demain. Mais je crois que je tiens le choc, dans mon Sud-Ouest presque natal. J'y repensais ce matin, en m'amusant de constater à quel point je n'aime pas m'attarder sur ces "événements" qui me concernent. Ma dernière fête d'anniversaire doit remonter à mes 8 ou 9 ans. Le reste, par définition à cette période, se prêtait peu pour moi (et mes petits camarades) à la débauche d'effets pyrotechniques.

18 ans, bac, permis, déménagements, retours, 20 ans, 25 ans rien n'y fait, je n'ai jamais tenu à célébrer de mon côté le temps qui passe pour moi comme pour tout le monde. Avec mon esprit tellement positif, je suppose que je préférais et préfère toujours pas de fête du tout à une fête organisée par mes soins, mais ratée. Je regrette rarement.

M'enfin pour l'instant, sur mon blog aux neuf-dixièmes désert, avec quelques oasis disséminés malgré tout par mes proches et mes ami(e)s en ligne, je ne laisse pas complètement tomber, et c'est tant mieux j'imagine.

Même si c'est pas l'envie qui me manque et vous le savez.

Demain donc, pour moi ce sera le vingt-neuvième coup de semonce. Argh. C'est pas comme si la face du monde allait s'en voir dramatiquement changée.

Parce que cela vous concerne aussi un minimum, très chères lectrices très chers lecteurs, je me dois cependant de rajouter que je serai confronté à deux autres dates "importantes" d'ici la fin de l'année. La première le 3 novembre, ou, en gros, le premier anniversaire de cet infime bout de la toile. La deuxième le 7 décembre, où je vais devoir me décider si je reconduis - comble du pragmatisme - mon abonnement payant à overblog. Chose pas si évidente que ça étant donné les circonstances actuelles, qu'elles soient personnelles, privées, professionnelles ou même "littéraires". Rapidement expliqué, je pense qu'abandonner cet abonnement signifiera laisser mourir l'ensemble de ce que j'ai écrit depuis dix bons mois.

A dire la plus stricte vérité, les histoires pour lesquelles j'avais à l'origine ouvert ce machin sont en jachère depuis le début de l'année et c'est sincèrement déprimant. J'ai beau me trouver l'excuse de ma déchirure musculaire qui m'a coupé grave dans mon élan, ça ne fait pas tout non plus. Toujours rejeter la faute sur les autres, c'est ma devise. Ahem.

Au-delà de ça, je tiens à reformuler mes plus sincères remerciements aux quelques celles et ceux qui n'ont pas laissé tomber ces petites pages. C'est plus que de la reconnaissance, c'est de l'ordre du "je vous dois la vie".

Peu importe ce qui se passera d'ici ces dates qui "comptent" pour moi, un peu trop d'ailleurs.

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 03:43

Oui, genre, faut dépasser le concept. C'est bien, ça, dépasser les concepts. Voir et revoir le concept de concept. Et se jeter dedans la tête la première. Sinon elle explose. Tout simplement. Et ça tâche grave. Et c'est fatigant. Et tout est potentiellement tuant. Fatigant épuisant déprimant. Alors comme la façade tient le choc, on se dit que les fondations aussi. Clairement. Et à tort. Les fondations essayent de faire bonne figure, mais ça ne les empêche pas de refouler autant qu'un bas-ventre mal lavé. Les fondations puent avec force et volupté. C'en devient entêtant.

Et quand les fondations sentent mauvais, elles pourissent la moëlle et les murs porteurs. Et quand les murs porteurs pourissent tout s'effondre.

Et là, quand tout sera à terre vous n'aurez qu'à ramasser la maison à la petite cuillère, avec empathie. Miséricorde, voire. Et quand vous aurez ramassé la maison il ne vous restera plus qu'à appeler d'autres artisans pour la refaire. Un autre architecte aussi, pourquoi pas. Et quand les artisans et l'architecte se seront bien foutu de votre petite gueule vous n'aurez plus que vos yeux pour pleurer. Parce que, vous savez, eux, le concept de concept ils s'en foutent. Ils voient le résultat, et leur chiffre d'affaires. Ils imaginent que vous irez vous renseigner auprès de la concurrence sinon. Et pourtant ils aiment ça, la concurrence. La compétition acharnée. Ce concept-là leur file de massives érections. Et pour le coup c'est vous qui vous voudriez vous en foutre de la compétition, et du concept de son concept. Vous voulez juste une maison stable. Sans principes ni concepts. Ni même idées. Vous voulez vivre dans votre maison, en paix,  y vivre longtemps, en paix, et y mourir, en paix.

Et parfois, quand vous vous rendez compte que cela n'est plus possible c'est encore une fois le concept du concept de tristesse ou de larme que vous aimeriez bien passer outre.

En paix.

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 04:07

 

 

 

 

On me l'a présentée il y a une petite heure et je n'ai que trop hâte de me mettre à l'oeuvre. Elle ne saurait m'échapper à présent, elle qui se complait dans les pleurs comme avant elle comme après elle ses soeurs. A cette époque comme à toutes les précédentes frapper paraît si évident. Mais je ne m'arrêterai pas là puisque personne ne s'opposera à moi. Personne n'y trouvera à redire le cirque dure depuis des millénaires avant elle comme après elle les choeurs. Et si quelqu'un y trouve à redire les médisantes ne m'atteindront pas. Qui seraient-elles pour me juger ? la Terre était à peine née que leur sang nous purifiait déjà. Peu me chaut l'année où nous nous trouvons. Peu me chagrine le sort de ces jeunesses. 2010 me dites-vous ? Quel calendrier ? Et en êtes-vous tout à fait certain ? Regardez autour de vous et demandez-vous si la violence sous-jacentée a été complètement bannie. Demandez-vous si la violence faite aux femmes remonte à la dernière pluie et cessez de me blâmer. Une femme mérite-t-elle plus de mourir seule chez elle ou devant Notre Dieu ? Ne sont-elles pas celles par qui le scandale est finalement arrivé ? Regardez autour de vous de par le monde. Je n'ai pas d'âge et je n'ai pas vieilli d'une brique. Je suis l'esprit mâle et puissant de notre espèce face au jardin souillé de l'idée femelle d'égalité face aux cieux. Et cette idée même sait s'écrouler sous les jets de pierre. Ne me jugez pas, puisque je suis dans votre inconscient. Puisque les siècles passées ont vu les femmes se doter d'une âme, puis d'un pouvoir décisionnel, parfois exécutif, puis du droit à la parole, puis au vote, puis à l'avortement. Qui êtes-vous pour me juger, moi qui lutte ? Jusqu'où iront-elles ?

Moi que vous lisez, je ne reculerai pas devant l'adversité. Je resterai mâle dans l'éternel, dans la pureté et la force. Et devant Dieu je châtierai les coupables d'adultère, et de sorcellerie, et d'intelligence, et personne ne se dressera pour m'en empêcher puisque je suis dans l'inconscient. La femme est sang, et elle devra retourner au sang si elle ne se plie pas à mon bon-vouloir. Regardez autour de vous comme tout est logique. Un coup de poing dans l'estomac de vos convictions droits-de-l'hommiste. Vous ne m'arrêterez pas. Parce que l'humanité passe par moi. Le mâle tout-puissant, prosterné devant Dieu. Regardez-moi jouer avec ma proie si maladroite, admirez-moi la traîner jusqu'à l'échafaud.

Regardez-moi jongler avec ferveur et avec mes muscles saillants la faire voler où bon me semble. Elle est tellement légère qu'elle pourrait flotter si je tentais de la noyer.

Pourtant sous mes coups elle faiblira très vite, puis se dématérialisera, lentement, comme avant elle comme après elle ses soeurs. Et Dieu Tout-Puissant ouvrira aux hommes, enfin, les portes du jardin d'Eden. Et sa fin à elle, pauvre créature impie, sera sa délivrance avant même que ma lame ne lui ouvre la gorge.

 

 

 

 

 

(musique: dernier tableau du "Sacre du Printemps" de Stravinsky. London Symphony Orchestra dirigé par Kent Nagano. L'hommage est détourné mais appuyé et va à toutes ces femmes victimes encore aujourd'hui de la connerie religieuse et de la connerie tout court)


 

(à propos, j'ai également détesté "The Killer Inside Me", film où l'infect - dans tous les sens du terme - Casey Affleck tue et défigure à coups de poings la magnifique Jessica Alba, qui pire, lui pardonnera. Personnage fou, haïssable et sans aucune nuance. D'où la qualification de navet, appropriée à mon libre arbitre. Le Winterbottom de "24 Hour Party People" est bien bien loin)

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 03:06

 

 

 

 

De guerre lasse, de guerre lasse de lasses garces s'étendent de tout leur long sur ma route et me disent que je suis vieux, chaque année chaque année elles m'assènent que je suis passé repassé dans les fausses ardeurs, chaque année que dieu fait elles m'assènent elles m'inondent que je deviens sénile sous les feuilles, mort avant l'heure bien à mon aise.

Le fragile équilibre est rompu. Rompu aux plus strictes directives.

J'y pense encore, plus que jamais, j'y pense encore et j'ai aimé, je crois, j'ai aimé le frais comme l'avariée, j'ai aimé la vive comme la pimpante comme la décrépie avant péremption à sucrer les fraises. Pour septembre dans l'attente les plantes se font rares, les plans se dégagent mal et les feuilles décédées de l'autre sont foulées au pied comme si la vie de ce  même pied en dépendait.

J'y pense encore, et ça ne change pas grand-chose au vacarme qui sied derrière moi.  Sans entrave, en paix entre l'orange et le pourpre selon les heures, avec les forêts claires en fond d'écran réel ou la puanteur d'une ville qui s'oublie sous les bombes. A cette époque je n'ai jamais rien écouté, mais j'ai tout vu, je crois et je m'y oppose, et ce que j'en ai retenu part en fumée à une vitesse peu commune, dans la foulée directe de mes mauvais rêves séculaires, nus ou mués en tombes. J'y pense encore, j'y pense et je n'ose.

Les carnages sentimentaux ou autres sanglants ne sont semble-t-il plus d'actualité. On les dit blêmes.

En septembre la limite profondément ancrée depuis de trop longues décennies se fait faible.

Les suivantes ne seront que des repères, à la périphérie je suppose.

J'y pense encore, j'y pense. J'y pense encore, j'y pense.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 02:59

 

 

 

 

Vous vous étiez rendu compte qu'au fil des années vous pensiez de moins en moins à elle. Même si elle n'était jamais très loin. Vous saviez qu'elle n'était jamais très loin, malgré la géographie hasardeuse.

Il aura suffi d'une rencontre supplémentaire pour qu'elle réapparaisse bel et bien, sinon belle au moins idéalisée. Crystalisée, voire. Elle est partie à perpète et il fut un temps où vous imaginiez malgré vous, encore et encore avoir la possibilité de la revoir. De l'aimer, voire. La folie se faisait déjà trop proche et celle-là, celle-là même qui se rapproche le plus de l'idée que vous vous faites de la femme de votre vie ne vous hante que par vagues. Elle est celle qui avec les années ne se détachera jamais de l'image que vous vous faites de la femme de votre vie. Et elles ne disparaissent pas. Ni la femme, ni l'idée.  Ni les vagues. Alors vous cherchez à vous en arracher vous-même, tant bien que mal. Et puis une rencontre, une simple rencontre qui n'a rien à voir, vous remets à revoir en boucle vos pires cauchemars. Pour des raisons inutiles vous l'avez soudain devant vos yeux. Rien à voir mais elle réapparait soudain, juste devant vos yeux. Et vous vous retournez vers vos amis, vous arrivez à leur demander s'ils se souviennent d'elle. Ils répondent que non. Vous arrivez à leur demander si vous l'avez déjà évoquée au détour d'une pinte un peu trop doublée. Ils répondent qu'ils ne se souviennent plus.

Alors soudain la rencontre en face de vous vous imaginez qu'elle a le droit d'être au courant. Ne serait-elle qu'un pur fantasme né de votre imagition malade peu importe. La femme, pas la rencontre. Stupide besoin de ressasser les histoires superflues, sinon à peine pour vous. Et tout cela n'a tellement rien à voir que c'en devient pathétique mais ce n'est pas comme si vous aviez le choix. Tout cela est pathétique et la rencontre ne vous écoutera pas et c'est tant mieux. Vous n'avez plus rien à dire. Le peu de cri qu'il vous reste survit à l'intérieur. Et vous ne l'aimerez pas moins. Et non, elle ne vous aimera pas plus. Mais l'honnêteté intellectuelle de s'avouer à jamais vaincu dans la recherche absolue de l'oubli finira par porter ses fruits.  Les salauds. Puisque tout ceci n'a rien à voir et que vous savez déjà que vous avez déjà perdu gravement l'esprit depuis ces onze courtes années.

Au bas mot.

 

 

 

 

(vidéo: PJ Harvey "Taut" en concert. Date et lieu indéterminé, a priori 2004 à Belfort - j'ai un peu la flemme de vérifier - youtubé par CapitanJet - merci à lui/elle - je n'ai pas envie de m'étendre sur cette artiste que j'adore, ou sur cette chanson qui me fascine.  Mesures anti-fanboy drastiques. Pour une fois j'ai choisi un live, donc, plutôt que la version studio, parce que cette version est... euh, fascinante, oui.)

(Le reste, les explications, je vous avoue que l'énergie et la niaque me manquent beaucoup. Personne ne me lit et c'est tant mieux. Ca libère. Je reviendrai sur le sujet je pense, mais avec septembre et l'automne je crois  bien que ce blog va prendre une tournure encore plus "variée", au mieux, bordélique, au pire. Si personne ne me lit, alors je ferai en sorte d'être toujours plus négligent dans  mes choix "éditoriaux". Un mal pour un bien. J'en ai assez de faire de mon mieux pour plaire, des efforts qui m'épuisent à perte, alors que le format même est pénible et redondant pour tout le monde, moi compris. Le reste, donc, je vous avoue que ça n'a plus trop d'importance, voire que je m'en fous. Et que c'est parfait comme ça. Merci beaucoup aux quelques personnes qui continuent malgré tout à avoir la patience de me suivre. Ah, sinon, dernière chose, soyez gentils et n'allez pas imaginer une seconde que je me plains. Merci encore.)

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 03:31

On a beau ne pas se tenir au courant, ça fait toujours un énorme choc quand un artiste que vous appréciez meurt, surtout dans la force de l'âge.

Kon Satoshi nous a quittés ce 24 août. Le cancer l'a emporté alors qu'il allait sur ses 47 ans. Son nom n'est pas vraiment connu du grand public par chez nous, mais nombreux sont celles et ceux qui se souviennent de son premier film "Perfect Blue" sorti en 1998, salué par la critique et le public amateur d'animation de qualité. Ce polar très sombre - une histoire de dédoublement et de traquage de starlette au milieu de crimes sanglants - était malgré tout perfectible, comme tous les premiers longs-métrages ou presque - notamment dans l'animation. Perfectible mais inoubliable.

Les suivants ont, je le pense, atteint le statut d'oeuvre d'art. J'avais vu "Millenium Actress" ("Sennen Joyû") lors de mon premier séjour au Japon en 2002, et avais été surpris du manque de spectateurs pour un jour de sortie. Excellent film que je vous conseille, malheureusement à peine distribué en salles ailleurs qu'au Japon, mais trouvable assez facilement en DVD.

C'est surtout la géniale comédie "Tokyo Godfathers" qui m'a conforté dans l'idée que ce réalisateur était en train de devenir un très grand réalisateur, plein d'idées et d'humour. Il était venu lui-même le présenter au festival des nouvelles images du Japon, fin 2003, et je me souviens comme si c'était hier de son émotion toute contenue face à une salle comble et un public étranger mais conquis qu'il n'avait jamais réellement rencontré de cette façon.

Malheureusement toujours, un festival reste un festival et si mes souvenirs restent bons je ne crois pas non plus que le film soit sorti sur les écrans français, en dehors de ce jour-là - le coffret DVD, sinon, a été plutôt soigné. Il s'agit d'un hommage appuyé aux comédies américaines, un western moderne et déglingué qui garderait un solide ancrage au Japon, prenant place et action au beau milieu d'un milieu ( les sans-logis) trop peu dépeinte au cinéma.

En 2006, "Paprika", son dernier long-métrage en date, a fait plus ou moins un bide en France et cela m'a encore une fois beaucoup peiné. L'histoire assez complexe était en fait une sorte d'"Inception" avant l'heure, en beaucoup plus barré. Mais l'ambiance, les couleurs et la musique en font aujourd'hui une oeuvre unique que contrairement aux daubes de David Lynch les spectateurs n'ont pas voulu comprendre.

Il avait auparavant réalisé vers 2004 une série que je n'ai pas encore vue en entier, "Paranoia Agent" ("Môsô Dairinin"), mais qui gardait d'emblée tous les délires de l'auteur comme marque de fabrique, avec beaucoup de réussite à ce que j'ai pu constater.

Toujours pour éviter de m'enflammer, je ne vais pas m'étendre sur cette disparition qui m'attriste énormément. Disons que cela fait un moment que beaucoup de personnes, dont moi, se "préparent" à l'après-Miyazaki ou l'après Takahata, et c'est donc assurément, pour tous ceux - comme moi, donc - qui n'était pas assez à l'affût de nouvelles de ce monde-là pour être au courant de la maladie de Kon, une très mauvaise surprise, et je pèse mes mots. Une grande perte pour le cinéma d'animation japonais, et mondial. Il avait de quoi assurer la relève de tous les autres, comme Ôtomo et consorts. Il avait encore plein de choses à raconter. Il  aurait dû encore avoir le temps de nous faire peur, rêver et/ou rire.

Je ne répèterai donc jamais assez combien je suis triste. Et encore plus triste de bien avoir senti depuis longtemps combien ce grand réalisateur n'a pas tout à fait eu la reconnaissance qu'il méritait. Ce genre de choses prend du temps. Ce  simple temps que la vie ne lui a pas laissé.

Je suis triste, oui. Très triste. Affreusement triste.

 

ご冥福を祈ります

 

Qu'il puisse reposer en paix.

Et que ses films, eux, ne reposent pas au fond de placards poussiéreux.

 

 

 

 

 

 

 

(vidéo : extrait de Paprika)

 

 

edit 28/08/10 : bon, je viens de chercher un peu de quoi réfuter ma thèse comme quoi les (derniers) films de Kon n'ont pas eu le succès qu'ils méritaient. Et la vérité est qu'à part les récompenses dans les festivals internationaux, nombreuses, je voudrais vraiment qu'on me confirme le nombre d'entrées, que je crois faible, et que j'ai pu constater, je le répète, de mes yeux au Japon. Merci d'avance. de bien vouloir participer.

Sinon, de fait, pour me laisser le bénéfice du doute, j'ai ôté l'épithète "internationale" à "reconnaissance" dans le dernier paragraphe. En gros, selon moi, les festivals ne font pas tout, et les films ont très peu été distribués en dehors de ces circuits, limitant par définition le succès commercial dont j'ai pu avoir quelques échos, et dont je doute un peu beaucoup, rien qu'à la vue des chiffres sur IMDB. Reste à connaître les chiffres de vente des DVD.

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 04:03

 

 

 

 

Des senteurs anciennes parsèment sa route et elle ne sait tout d'abord pas comment. Une seconde auparavant elle se trouvait ailleurs dans sa vie livide et bornée sans réels repères. Et puis soudain là voilà emmenée bien avant bien plus loin dans l'intérieur dans sa petite histoire personnelle, aux jours  par définition plus heureux, emmitouflés dans le coton jusqu'à la mort calme. Je suis revenue pense-t-elle à part elle, je suis revenue alors que je n'y croyais plus, que j'avais presque oublié. Où ai-je donc passé toutes ces années ? Personne ne m'a jamais crue, jamais écoutée et me revoilà exactement au même point. C'est étrange comme je me sens étrangement bien à cet instant profitons-en, cela ne durera pas.

Si personne ne m'écoute, non, je n'aurai besoin de personne. Je suivrai ma voie, je saurai malgré tout où je vais où je retourne. Ce n'est pas une scène de crime mais une anesthésie de grande ampleur. Autour de moi les décennies fusionnent et me réparent l'âme. Elles n'ont rien de bénéfique pourtant, si je ne prends pas garde elles seront ma fin subite avec les pleurs inhérents. Mais comme tous les poisons savants, elles sauront aussi me sauver la vie si je les maîtrise comme j'ai jadis su les maîtriser.

Sur ce chemin d'une campagne fantasmée je ne me perdrai plus. Puisque je le connais par coeur, que je suis revenue et que j'y resterai.

 

 

 

 

 

(Je ne répéterai pas ce que j'ai déjà raconté plus bas. Toujours composé par Uematsu Nobuo, ce morceau s'appelle "itsuka kaeru tokoro" ("là où je retournerai un jour") et constitue l'introduction originale de Final Fantasy IX, dernier épisode de la série sur la première Playstation et dernier grand épisode tout court. Et si cela n'est pas à votre goût, j'en suis bien désolé, mais je ne pourrai pas vous promettre que ce sera la dernière fois que j'utiliserai un de ces thèmes. L'heure n'est plus pour moi à chercher à convaincre des lecteurs absents. Je vais juste écrire ce qui me plaît.)

(Vidéo mise en ligne sur youtube par nashblitz)

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 03:54

Rapport direct avec la dernière note de Boulet, que j'ai vraiment trouvé géniale. Sa meilleure depuis longtemps, probablement. Alors j'ai pas tout à fait l'habitude de me lancer dans la pub pour des blogs ( plutôt contre-pub, j'imagine) surtout pour un aussi connu que celui-ci, qui m'a plus ou moins donné envie d'ouvrir le mien. La plupart des blogueurs dans ma liste de liens sont des gens qui répondent à leurs commentaires. Boulet, non, ou très peu, mais tout le monde n'a pas des centaines de messages plus ou moins intéressants - ceux de mon cru sont probablement à caser dans la deuxième catégorie - à "contenir". Donc personne ne pourrait lui en tenir rigueur.

A dire vrai, je suis loin de le connaître depuis longtemps - 2 ans environ - et je n'ai pas encore lu ses "vraies" BD, mais c'est au moment de la publication du premier recueil papier reprenant l'ensemble de ses notes que j'ai réalisé à quel point ce type est drôle et doué. On n'est pas obligé d'être à chaque fois d'accord avec lui, ou dire amen à ses humeurs sauteuses, mais franchement, des planches virtuelles comme celle plus haut sont des oeuvres à part entière et elles sont assez essentielles dans l'idée qu'on devrait se faire d'internet et de son utilité. Je complimente d'autant plus facilement que je ne suis pas lu de mon côté. Juste envie de rendre hommage à un vrai artiste, partageant le plus souvent mes convictions face à la nécessité de rester sincère dans ce qu'on fait et ce qu'on veut montrer de nous-mêmes. Car oui, je l'ai souvent dit, je me méfie de l'autofiction et de l'autobiographie en général comme de la peste. Ce que Boulet a de très développé c'est l'autodérision, qui est la pierre angulaire de tout bon blog qui se respecte, surtout dans le domaine du blog BD où les auteurs n'ont pas vraiment grand chose d'autre à raconter que leur petite vie. Il ne faut pas les blâmer, il s'agit souvent de manque de temps pour aller plus loin que ce qui nous entoure directement. C'est plutôt un exercice, pour elles et eux, j'imagine. Un genre de "crayon bien tempéré" et dans le cas de Boulet, ce ne serait pas exagéré de dire qu'il a contribué à créer ce nouveau standard de communication, de la plus belle des façons.

Voilà, séquence dithyrambe une nouvelle fois terminée, voire avortée. C'est fatigant et inutile, mais des fois, j'aime bien parler des gens qui comptent pour moi. Je remercie la personne qui m'a introduit et convaincu que ce blog valait vraiment la peine d'être lu et suivi. Il se reconnaîtra. En ce qui me concerne, je dois être vieux jeu grave, mais il m'a fallu voir tout ça sur papier pour me rendre compte de la superbe qualité, du souci constant de variation dans tous les sens du terme qu'on trouve chez Boulet. Si vous n'avez encore jamais essayé - ce qui m'étonnerait, bien entendu, toutes les lecteurs de blog savent qui il est - je ne saurais que trop vous conseiller de vous y mettre. J'espère que ce lien vous aura donné envie, en tout cas. Evitez juste de commenter à tout va, comme votre fidèle serviteur.

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