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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 18:18

Parce qu'on dira ce qu'on veut c'est nettement plus élégant qu'hésiter, ou traîner. On se figure des choses qui n'existent pas, des projets avortés qu'on ressort des utérus sans trop savoir comment. Et tout ça au beau milieu d'un calme olympien. A se demander combien de fois a été lâché l'épithète dans ces pages. Oui, olympien. On se voit genre tout de suite vêtu d'une toge, avec le service-trois-pièces en goguette, et les mikonosseries d'usage que les plus basiques d'entre nous n'hésiteront pas à relancer.


Ici on tourne en rond mais le manque d'évolution a du bon assurément. Moitié plein. Il garde certains aspect positifs. Moitié moitié. Ca permet de garder le schmilblick en vie. Moitié vide.

 

Il y a une sérénité latente dans le coin, ça sent bon les chaussettes propres de pas sortie. Il y a un grand amas de confiseries remboursées, et au loin aussi la coupe au gros, comme quand il y en trop mais que je vous le mets quand même.

 

Tout est bon dans le manque d'évolution.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:18

Bonne année à toutes et à tous et bonne santé et bon pilonnage et bonnes plantades.

Bonnes frisées et bonnes mâches. Bonne ratatouilles et bonne bouillabaisses. Bons regrets et bons remords élogieux. Bonnes excuses et bonnes baises pour celles et ceux à qui ça le fait. Bonnes encartades et bonnes reconciliations. Bon boulot pour ceux qui en ont.

Bonne profitation des quelques mois qui restent pour nous dire combien nous nous aimons tant.


2012 ou l'année du grand baroud

2012 ou l'année qui entre et fait aimer 1999 et 2001.

2012 ou l'année que la fin du monde elle se porte sur des T-shirts, des mugs et des cendriers.

 

 

 

 


 

Plus sérieusement prenez soin de vous. Merci de votre fidélité. Je suis toujours dans le coin si vous avez besoin de moi.Tihi. Et je continuerai à mettre mes machins en ligne de temps en temps. Il faut notamment que je finisse ce rognudjuuu de texte sur Cologne qui me pompe la motivation aussi fort qu'un moustique de Koumac.

 

Je ne sais pas du tout à quel rythme je tiendrai ce blog cette année. Comme le chante déportivo : "je ne construirai pas sur la peur, on verra bien sur le moment, comment se comportent les douleurs, faut qu'on s'en aille en sifflotant".

Le fait est que j'ai un nouveau projet - wouhou - qui j'espère va me prendre le plus de temps possible.

Bref, portez-vous bien, toujours.

 

(musique : "World Revolution" dans un arrangement jazzy de la BO de Chrono Trigger (1995). Composé à l'origine par Mitsuda Yasunori. Mis en ligne sur youtube par gdreyband)

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 02:37

 

Jingle bells, jingle bells, jingle all the way et je vous mets d'un coup la Danse des Morts de Liszt. Tihi. Transcription pour piano solo. Interprété par Valentina Lisitsa. J'avoue que je suis pas tout à fait d'accord quand elle fait du Ravel ou autres, mais ici avec Liszt elle a vraiment tout compris au truc.

Quoiqu'il en soit - attention message subliminal désespérement original - désolé pour le silence, je vous oublie pas, je fais ce que je peux. En fait, j'ai été assez occupé. Pour tout vous dire j'ai même enregistré quelques petites chroniques pour une radio locale - c'est très sympa mais ça paye pas, et ça fatigue plus qu'on pourrait imaginer - mais mon obsession pour l'anonymat m'empêche de vous donner le lien.
Alors pourquoi l'évoquer ? Bah, pour me justifier, comme d'habitude.
Bref, portez-vous bien et à très vite. J'espère poster un truc sympa avant Noël.
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 20:20

Ce matin, pour la première fois en plus de 40 ans de vie active, Thierry ne s'est pas levé. A 6 heures ses bêtes l'attendaient, pourtant. Mais il n'a pas eu l'énergie. Il n'a même pas pu se dresser sur son lit, et se lever sur ses deux jambes - qui ne l'auraient pas tenu de toute façon. Sur le moment il n'a pas compris ce qui lui arrivait. Les coups dans la tête il connait. Mais pas comme ça. Pas au point de laisser ses bêtes en plan.

 

A son âge, il a vu beaucoup de choses. Son monde, son métier, sa région ont changé. Il a atteint l'âge où il peut dire qu'il a vu les jeunes vieillir à leur tour. Ils sont partis à Rouen, au Havre, à Caen, puis plus loin, à Lille, à Paris. Avec sa femme ils n'ont jamais pu avoir d'enfants. Il n'a jamais voulu savoir le pourquoi du comment. Et puis elle est morte d'une rupture d'anévrisme il y a plus de 2 ans. Hier encore Thierry essayait de se consoler en se disant qu'il préférait être sans enfant qu'avec enfants qui lui expliqueraient, gentiment ou non, que l'agriculture bovine c'est pas leur avenir, c'est pas leur truc. Il n'aurait de toute façon pas voulu entendre son fils imaginaire le renvoyer dans ses cordes du style "Papa, toi, t'as pas fini le lycée, moi si. Et j'ai continué longtemps après. Les sacrifices pour ton travail, t'en as fait. Moi, ça a été les études. Donc non, tu le sais bien, pour la millième fois je te répète, c'est triste, mais il va falloir que tu te fasses à l'idée que personne reprendra ton exploitation. Elle sera rachetée, au mieux, et il faudra que tu t'en contentes. Désolé."

 

Il n'a jamais pu déterminer s'il fallait qu'il haïsse l'Europe et Bruxelles pour ce qu'elles lui avait pris ou ce qu'elles consentaient à lui donner. Il a laissé faire, avec les nouvelles réglementations, les incitations à la culture intensive, puis "bio" - quelle connerie ce mot - la mise à l'index par les médias et la société toute entière. A son petit niveau l'impression de nourrir un pays qui lui crache dessus. Et à chaque présidentielle le retour dans la ligne de mire. Le retour des attentions comme des directives.

Thierry a voté pour le nabot en 2007. Ce n'est pas comme s'il regrettait. Mais il en conçoit chaque fois un peu plus de mépris pour l'Autorité. L'année prochaine il votera pour la blondasse, peut-être. Pourquoi pas, après tout. Quitte à être déçu autant le faire comprendre clairement. Et puis elle dit plein de choses bien, finalement. Thierry n'a absolument rien contre les Arabes. Ils sont juste trop nombreux, et voilent leurs femmes, et font tout un foin avec la viande, comme les Juifs. En tant que producteur laitier, éleveur bovin amoureux de sa terre - c'est comme ça qu'un Parisien le présenterait - il supporte mal qu'on puisse regarder à ce point sur ce qui est bon ou non, à cause d'une poignée d'illuminés souvent dangereux qui un jour ont sorti que tout n'est pas bon dans le cochon ou qu'il faudra pas cuire l'agneau dans le lait de sa mère. Des conneries dangereuses, oui, qui sont à finalement à l'origine de tout ce qu'on sait. Et Thierry ne préfère plus y penser. On va le traiter de raciste, et quoi qu'il en soit ça ne l'intéresse plus.

 

Jusqu'à ce matin, en dépit de toutes les difficultés, il gardait la passion de ses bêtes. Des vaches, des veaux, 10 boeufs. Il avait aussi des porcs, avant, mais à cause des Chinois il a dû arrêter, c'était plus rentable.

 

Jusqu'à ce matin il croyait que jusqu'à sa mort il aimerait se lever, la tête à peine en place, ouvrir la grange et sentir ce qu'il s'y passe à l'intérieur. Les meuglements, la chaleur, l'odeur si particulière que seuls les citadins considèrent dégueulasse. Il s'imaginait que parler à son bétail, engueuler ses vaches, puis les féliciter, leur raconter des secrets, les caresser, il s'imaginait que ça lui permettrait de survivre face à l'adversité.

 

Mais ce matin, Thierry ne s'est pas levé. Il a réussi à appeler René qui a gentiment pu s'occuper des bêtes et des machines. Et il y a passé toute la matinée, le René. Et il n'est pas que gentil. La semaine dernière aux Andelys il a enterré Jean-François. 10 ans de moins qu'eux. Pas un mot sur les circonstances du décès. Parce que tout le monde sait.

 

Le René avant d'être gentil il est surtout inquiet.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 20:20

L'avant-veille elle avait fait la fête jusqu'à 3h31 précise. Ou l'heure où tout avait commencé à devenir sérieusement un peu beaucoup flou.

Après une période de flottement ce n'est seulement que le lendemain de ce jour où elle a eu l'envie du whisky de trop qu'elle a décidé de se reprendre en main. 33 ans n'est pas l'âge de Marie-Madeleine mais malgré cela Perrine s'est interrogée sur ses excès, avant de s'interroger sur son parcours tout entier tout court.

Elle a toujours été une bonne fille, ouverte et amusante, compatissante, fine et cultivée. Cela faisait tache de la savoir sérieusement un peu beaucoup dévergondée à la limite de la fille facile. Ce qui a été vu ne peut être dévu, ce qui a été sucé...

Blague à part Perrine s'est décidée sans choc particulier. Parce que la plupart du temps c'est d'un choc dont l'humain a besoin pour se décider. En tout cas face à l'addiction.

Mais Perrine, non. Le whisky de trop n'entre pas dans la catégorie des chocs. C'est un constat à peine amer. Pour ce qui est du sexe elle n'en était à l'origine pas au niveau de la maladie. Il fallait juste qu'elle s'habitue à dormir seule au moins plus d'une fois par semaine. Là, encore, pas un choc, juste un constat. Plusieurs prénoms oublié le matin même. Des recroisades d'amants plus en plus intempestives et incontrôlées. Dans les soirées ou dans les lits ou dans les deux en même temps, avant et après ou après avant.

Chez Perrine, non, pas de choc. Juste des visions obscurcies par l'âge qui avance et le chemin derrière elle qui disparaît sous un bon paquet de cadavres de bouteilles et de préservatifs usagés.

Perrine est une fille bien, drôle, fine, brillante et cultivée. Légèrement lassée d'elle-même et de ses qualités à double tranchant.

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 03:33

Avec le texte d'hier je me suis souvenu d'une chanson, donc la voilà. Je suis assez amateur de Miossec, c'est vrai.

La suite et fin du texte sur Cologne ne devrait plus trop tarder.

 

 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:11

Il est temps que tout ceci se termine. Beaucoup de 1 d'affilée.

Dans le Gard, une petite fille martyre portait le prénom que j'avais choisi pour une de mes héroïnes il y a des années maintenant. Elle avait presque son âge et ça m'a presque secoué. Elle n'est plus de ce monde.

Il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire ceci, ce blog.

 

Qui est le connard, où est le connard qui a expliqué que ce qui ne tue pas rend plus fort ? Où sont mes proches, la pincée d'amis qu'il me reste pour me garder la tête hors de l'eau ?

Je me débats seul dans une flaque de merde haineuse qui m'empoisonne.

Je reçois des leçons de vie de tout le monde alors que personne ne m'écoute. Et plus grave - façon de parler, hein - ne me lit.

 

Alors voilà, il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire, ceci, ce blog.

 

J'avais promis de ne pas revenir là-dessus. Mais s'épuiser à tenir parole reste la chose la plus pathétiquement vaine qui soit. Surtout quand tout l'entourage s'en contrebranle.

Fini les faux semblants, l'autocensure.

Faire bonne figure ? Mais je suis laid comme un pou ma bonne dame ! Ne saviez-vous pas ?

 

Qu'est-ce qu'on se marre !

 

Alors voilà, bientôt il va falloir payer le nom de domaine, à nouveau. Et je n'en ai aucune envie. Je m'en contrebranle.

J'avoue, je confesse, je jette l'éponge. Mon seul besoin prégnant, jeter l'éponge.

Je vais voir. A la place je vais boire et me droguer. Je vais voir des drôles d'images animées qui me diront que weeeeeeeh je suis génial et qu'il ne faut surtout pas abandonner. Je vais rencontrer des moitié-filles qui me trouveront beau. Je vais me battre contre des platanes avec ma bite et l'urine qui en sort.

 

Il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire, ceci, ce blog.

 

Beaucoup de 1 d'affilée. Une petite fille assassinée.

 

Je vais voir. Je vais me cloitrer. Je vais dire merde au tout venant. Je vais faire ce que j'ai à faire. Je vais mordre celles et ceux qui me demanderont "au fait, tes petites conneries, ton blog là, tu continues ?"

 

Je vais voir. Je vais consulter les anciens combattants. Tous les poilus et les autres héros qui se marrent depuis là-haut. Ils me diront que je fais n'importe quoi. Que je fais tout à l'envers. Je leur répondrai que je les encule. Que contre toute attente, je suis bien vivant. Moi. Et que le respect nécessaire à leur encontre ne m'oblige en rien à prendre des pincettes avec eux.

 

Je vais voir. Je vais tacher de ne pas trop haïr, mépriser, juger, tutoyer, cracher. Très mal barré déjà. Je vais m'enfermer. Je vais faire le jeun. Je vais rompre avec des habitudes, puis avec des humains inutiles. Je vais expliquer aux ordures que ce sont des ordures. Je n'ignorerai rien de ce qu'ils m'ont fait. Je vais voir.

Je m'injecterai la rancoeur pure en intraveineuse.

Je chierai de l'eau pendant des semaines.

Je vomirai tout ce que je n'arriverai pas à chier.


Je n'ai envie de rien. Je vais voir.

 

Il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire, ceci, ce blog.

 

Pauvre Océane.

Je m'en contrebranle. Elle n'existe pas.

 

Mais pauvre Océane, vraiment. Je crois que je l'ai abandonnée en toute connaissance de cause.

 

Je n'ai plus rien à dire, mais tellement de choses à répéter.

 

Foutez-moi la paix. Foutez-moi la paix. J'ai 30 ans. Foutez-moi la paix. Foutez-moi la paix, bordel de bon sang de foutre de chameau.

 

30 ans. Foutez-moi la paix. L'ordre des choses, vous leurrez pas, vous comprenez pas mieux que moi. Alors de l'air, du vent. Ouste. Disparaissez. Vous avez jamais été là pour moi de toute façon.

 

Il est temps que tout ceci se termine. Ce blog. 14-18 et les suivantes. Océane. Putain. 30 ans.

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 04:44

"Ce qu’était une partie de campagne d’étudiants et de grisettes, il y a quarante-cinq ans, on se le représente malaisément aujourd’hui. Paris n’a plus les mêmes environs ; la figure ce qu’on pourrait appeler la vie circum-parisienne a complètement changé depuis un demi-siècle ; où il y avait le coucou, il y a le wagon ; où il y avait la patache, il y a le bateau à vapeur ; on dit aujourd’hui Fécamp comme on disait Saint-Cloud. Le Paris de 1862 est une ville qui a la France pour banlieue.  "

 

 

Sans tricher avec un quelconque moteur de recherche - parce que c'est déjà bien facile - qui est capable, comme ça d'un coup, de me donner la référence de cette citation que je trouve géniale ?

 

Le gagnant ou la gagnante aura droit à... euh... on verra ? On improvisera. Yay, c'est la fête.

 


 

 

 

Bref, donc, musique, avant tout : Kashiwa Daisuke, dont j'ai déjà parlé ici. J'adore. C'est très long très bon comme il faut. Et oui, il y a connotation sexuelle dans la phrase précédente. Mwaha.

 

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 05:55

Juste derrière nous la grande histoire éructe. Elle commençait alors à finir de se réinventer en vain. Et la petite a bon dos. Et la personnelle ne sait s'éclipser. Les études, relectures, discours, thèses, articles détaillés, coupures de journaux, bouts de chiffons et gommes tailladées sont formels. 1996 ne se tient pas.
Elle semble coupée de 1990-1995 dans le sens de la longeur.

1996 ne se tient pas et il n'y a aucune logique à cela. Aucune logique sinon une barre sur un front moite apparue le long de la première moitié de la décennie.
Rechercher aujourd'hui des significations cachées à ce qui en avait si peu à l'époque n'a plus ou moins aucun intérêt. Parce que 1996 ne se tient pas. Personnellement, régionalement, nationalement et internationalement. Artistiquement - quoique - et politiquement. Scientifiquement et socialement. Humainement.
Vérifions rapidement.
Année internationale pour l'élimination de la pauvreté. Rien que ça. L'Amérique riche. L'Europe dans l'illusion pleine. Le Japon d'un coup au fond du gouffre, déjà. La Chine tiers-mondiste seulement.
En France au début un vieux voleur menteur cancéreux finit ses jours tel qu'il l'avait rêvé. Sans succession. Genre après moi le déluge. Et à la fin nous avons un attentat. Genre blasé après les exactions de l'année précédente.

C'est aussi en littérature l'année de la mort d'une vielle peau - groupie du précédent - sur la tombe de laquelle on nous demande de nous incliner.

Un bon cru cinématographique peut-être, avec - chez nous - "Casino", "Seven", "Mission Impossible", "Trainspotting", "Toy Story"...

et "Independence Day"

1996 ne se tient pas.

Je me souviens avoir aimé "Disjoncté". Le film a-t-il bien vieilli ?

 

1996 ne se tient pas, parce que l'ensemble de ce qui a suivi n'a fait qu'appuyer les élans désespérés d'une nouvelle génération gâchée qui ne pouvait alors qu'à peine utiliser internet pour les messageries instantanées, avec ce son caractéristique de la porteuse qu'on entendait dans un modem 28,8 au moment de la connexion.
1996 ne se tient pas, parce qu'à l'époque ce son homonymait le futur.

Le jeu vidéo quant à lui, ou du moins une certaine idée du jeu vidéo, parvenait lentement mais sûrement à son apogée.
1996 est à l'image de la Sega Saturn et de ses deux processeurs centraux. Bancale, complexe et perdante d'avance. Bien que culte. En y réfléchissant bien. Au final. A posteriori. Peut-être. En en appelant à la nostalgie la plus basse de plafond. On peut supposer. Culte, oui, admettons. Au moins pour la génération citée au dessus.

Certes, la contradiction est très facile à apporter : 1896 1976 1986 ou 1997 et les autres auraient-elles un sens, elles ? Non, peu probable. Voire pas envisageable. Pourtant, avec l'apparition des premières rides sur les visages déjà fatigués, les questionnements changent, évoluent. Puis laissent place à des affirmations désagréablement lancinantes.

1996 ne se tient pas. Et elle ne tient pas à se tenir. Elle tient seulement à son goût âcre. Elle irradie des vies poussives comme on balise des fonds marins. Elle obture à l'envi des pans entiers d'âmes mêlées pour s'ouvrir d'un coup et aveugler sans ambages ce qui nous restait de souvenirs paisibles et sereins. Devenue sableuse, elle glisse entre les doigts de la mémoire sélective et se répand sur le sol en un commandement limpide impressionnant un négatif dépassé par la technique. Un simple mot phosphorescent.

Oublie.

Oublie le mauvais comme le bon, parce que l'amalgame empoisonne.

 

 

 

1996 ne se tient pas.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 04:44

(la suite de ça)

 

 

Novembre entre dans la place. Plus qu'aucune autre, elle est blasée plutôt qu'en colère. Le bordel apparaît innommable.

D'une voix forte et suffisamment assurée, elle appelle.

 

N : Octobre ! Octobre ! T'es où ? Qu'est-ce que tu fous ?

O : (entre dans la pièce à 2 à l'heure. Yeux cul de poule, cheveux Waterloo, habillée d'un simple bas de pyjama, assez sexy mais un peu sale) Ouais, ouais, j'arrive, j'arrive, crie pas, steuplaît.

N : Tu te moques de moi ? T'as vu l'heure ?

O : (se gratte le sein droit) euh, non... mais tu vas me le dire (baille)

N : Il est exactement 15h43 !

O : Ah weh, quand même...

N : T'as fait quoi exactement, depuis ta prise de poste ?

O : (elle essaye de réfléchir) Bah, pas grand-chose, j'imagine ?

N : Tu peux préciser? J'ai pas très envie de crier, mais ça m'intéresse quand même ! (en fait, si, elle commence déjà à hausser la voix...)

O : S'il te plaît, pas trop fort. On a vachement arrosé le passage à l'heure d'hiver, depuis la semaine dernière, j'ai un mal de crâne à se couper le bras pour penser à autre chose.

N : (soupire) Arrosé ? Avec qui ?

O : Bah, avec Juillet et Août, au début. Elles s'étaient engueulées, toutes les deux, beaucoup, et s'en voulaient d'avoir laissé au final tout le rangement et le boulot à faire à Septembre, qui avait aucune envie de travailler non plus... Alors elles sont repassées à l'appart, parce qu'elles voulaient se faire pardonner.

N : Septembre était là aussi ?

O : Non, pas au début. Mais on l'a pas attendue et les apéritifs sont tombés très vite.

N : Je veux pas savoir, c'était la semaine dernière, t'avais eu tout le temps avant, pour faire le ménage !

O : Bah, je sais, je sais, j'étais pleine de bonne volonté, je te jure. Je me suis dit que ça pouvait bien être à mon tour de faire un effort. Mais qu'est-ce que tu veux, j'ai perdu le fil. J'ai commencé à jouer à l'ordinateur, à mater la télé. Et pis, tu sais qu'on se sent seule, ici, alors j'ai cherché un peu de compagnie. Et je suis tombée sur un mec du calendrier lunaire...

N : (stupéfaite) Là, je suis sans voix

O : (explique) faut pas, faut pas. On a fait ça dans les règles de l'art. On a appris à se connaître, et on a vite enchaîné avec les cochonneries.

N : (moue dégoûtée) je veux pas savoir...

O : (sourire épanouie) en tout cas c'est vraiment un bon coup, et il est adorable. Le seul problème est qu'on a dû mal à accorder nos emplois du temps...

N : (sarcastique) Je suis bien désolée pour toi

O : (explique toujours) faut pas faut pas, je suis sûre qu'on trouvera un moyen.

N : Laisse tomber. Le prends pas mal, mais là, tes histoires de cul, je m'en fous royal. On a surtout une coloc à faire tourner. Septembre, elle a fait quoi, alors ?

O : (se gratte le ventre, le temps de remettre ses idées en place ) Bah, Septembre, elle est arrivée après la dégustation des vins... Le mal était déjà fait, je te le dis, moi. Mais elle a une descente d'enfer donc on a bien bien rigolé jusqu'à hier soir où je crois qu'Août a manqué de peu le coma éthylique. Juillet l'a ramenée, genre transportée à la gare, et elles sont finalement parties toutes les deux. Je t'avoue que je sais pas trop vers où ; j'étais bien torchée aussi (elle gémit et porte les mains à ses tempes)

N : (ton réprobateur) Franchement, vous avez quel âge ?

O : (arrangeante) Bah, une année de temps en temps ça fait de mal à personne...

N : Si, à moi, déjà, maintenant, et à nous toutes. Ce bordel va pas pouvoir s'accumuler très longtemps. Il va vraiment falloir agir...

O : (montre la caméra) Bah, l'autre con, derrière l'écran, là, il dit qu'il manque d'idées, qu'il est fatigué...

N : (décisive) On s'en fout, il fera ce qu'on lui dit de faire, c'est lui qui nous obéit, pas l'inverse !

O : D'accord, d'accord, tant mieux, mais par pitié, arrête de crier, s'il te plaît !

N : Et va pas croire que je ne vais pas te punir après avoir entendu et constaté ta conduite, vos conduites inqualifiables, à toutes les trois !

O : (inquiète) ah ? Et ce sera... quel genre de punition ?

N : Les Guns'n Roses, mon heure de gloire, avec plein de solos de guitare ! (sadique)

O : NAAAONNNN, PITIÉÉÉÉ !

 

 

 

 

 

(T : yep, et en plus il pleut vraiment au moment où je mets en ligne. Si ça c'est pas la classe, alors dites-moi ce qu'est la classe...)

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