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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 01:21

Les peurs tangibles. Ou encore la paranoïa justifiée. Vous connaissez ? Vous voyez vers où nous nous dirigeons ? Peut-être pas.

Et peut-être avez-vous raison. Peut-être que les signes trompent, que les affichettes trompent, les unes avant les autres, et les autres après d'autres autres.

Mais la défiance malsaine ne s'émeut pas du passif de chacun, et elle n'a aucun besoin particulier de s'exprimer sur la chose.

Elle juge et elle sait. Elle appauvrit et humilie. Elle camisole et enferme.

Voyez les affichettes. Comptez-les. Et imaginez, multipliez au hasard par les histoires réelles de début de la fin.

 

Celles et ceux qui doivent boire boiront quoi qu'il arrive.

Et celles et ceux qui ont les moyens de manger n'y entendront jamais rien.

 

 

 

 

 

 

(music unrelated, comme on dit)

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 05:55

Imaginons que nous soyons des pigeons, le temps d'une journée.

Parfois un instant précis peut revêtir une importance tellement primordiale qu'il en devient un monde infini, et tout ce qui se trouve à l'extérieur de cet instant, les lieux passés et futurs, devient le folklore de ce monde.

Imaginons que tous les deux nous survolions le Királyi-palota et que nous puissions le voir comme le voient ces pigeons. Une magnifique culture des points de vue divergents, comme les anges-ânes au-dessus de la ville.

Mais même dans ce monde de l'instant infini nous ne pouvons choisir la plume de notre oiseau ; le pigeon se rêve oie, et l'âne se rêve pigeon, et ainsi de suite.

 

Le fait est que tandis que notre monde éclot au creux d'une seconde, un des pigeons se noie fasciné dans un tourbillon d'amour et d'euphorie des possibles, là où un autre vit sa vie d'être inférieur honteux de larguer sa merde depuis le ciel, résigné à n'être que le foutu nuisible dépeint par ceux sur qui elle tombe.

 

Au bout du compte, malgré la rapidité avec laquelle notre monde éclot, notre monde est discordant, et nos pigeons sont blessés, et nous mourrons comme meurt notre monde, et notre espèce disparaît.

 

Si seulement nous pouvions nous tuer encore et encore jusqu'à ce que ça s'arrange.

 

De la même façon que tout un genre musical peut naître de dix secondes d'une suite de syncopes accélérées, un orchestre symphonique entier peut se retrouver à l'unisson et créer cet instant parfait, et ainsi chaque instant peut donner naissance à un monde complètement nouveau, et chaque monde peut abriter l'instant parfait, et quand bien même ces syncopes seraient trop syncopée pour qu'on puisse les identifier, l'orchestre saurait alors s'adapter et engendrer un barrage dissonant d'une tristesse colossale, pour que l'instant désintègre le monde et que le monde étouffe l'instant sous son poids.

 

Ces chants sont des chants d'amour et de chagrin.

 

 

 

(Ceci n'est pas de moi. Il s'agit d'une traduction que j'ai faite du texte qu'a écrit Aaron Funk - Venetian Snares dans le livret de cet album que j'aime tant et dont je vous ai souvent parlé. Merci d'ailleurs à Pierre-A qui vient de me l'offrir. Ca m'a pris comme d'habitude trop de temps, mais ça me permet de ne pas faire d'erreurs, a priori. Királyi-palota est l'un des noms du château de Buda, en Hongrie. Je ne sais en revanche pas de quoi il parle avec ces "anges-ânes". J'ai aussi traduit "breakbeat" par "syncope".)

(Et pour souvenir)

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 05:25

Ne vous méprenez pas je consomme aussi. Malheureusement. Mais si "changer le monde" c'est retrouver tous les hipsters et moins hipsters du monde entier avec les mêmes jouets hors de prix dans les mains - et se les faire voler, agression en option - ou sur leur bureau alors très peu pour moi. La mort d'un homme n'est jamais quelque chose de gai, surtout lorsqu'elle si longue et douloureuse. Mais personnellement, je ne pleurerai pas.

Je ne pleure jamais les hommes d'affaires, c'est contre ma religion. Je ne pleure jamais les vendeurs de rêve écran-tactilé, les entrepreneurs des "things to get", des "places to be". Peu importe leur réussite je ne pleure jamais ceux qui font fabriquer en Chine. Je ne pleure jamais ceux qui privilégient l'emballage au contenu. Je ne pleure jamais ceux qui créent des besoins en laissant croire qu'ils existaient déjà. Je ne pleure jamais ceux qui avec contrepartie créent et creusent les différences sociales à l'aide de pathétiques objets de désir soutenus par des pubs insupportables.

 

Oui, la technologie derrière tout ça est formidable, extraordinaire. Je le sais, je m'en rends compte et ça me suffit. A la limite je m'en fous. Ce que je vois et méprise - bien malgré moi - ce sont les soi-disant "communautés" qui gravitent autour de ces graals modernes.


Mais non, je ne pleure jamais ceux qui se déifient eux-même, ceux qui se créent un personnage.

Je ne pleure jamais les hommes et les femmes d'argent. Car c'est tout ce qu'ils sont, aux origines.

Désolé.

 

On me rétorquera que ces personnes-là ont toujours existé. On me rétorquera que si j'avais pu écrire exactement la même chose il y a 80 ans à la mort de Thomas Edison je l'aurais fait. Peut-être. Tant pis pour moi. Je ne pleurerai pas. Et ce, malgré les chefs-d'oeuvre des studios Pixar, par exemple.

J'abrégerai, même, je bâclerai pour m'éviter de revenir là-dessus dans quelques jours, ulcéré par le battage médiatique prévisible que nous allons tous subir, notamment sur la Toile.

Désolé.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 04:44

Mettons maintenant les choses convexes dans les concaves au moindre cas où cela n'aurait pas été clair : ici, chez moi, ça baise dru, inélégant. C'est important. J'ai eu - presque - toutes celles que je voulais au moment où je les voulais. Je leur ai à peine menti. Je ne les ai quasiment jamais trompées. Et je continuerai tant que ce sera possible. J'ai appris à jouer de mes atouts physiques comme de mon charme intrinsèque. Ajouté à cela que me suis toujours tu. Ca rend mystérieux, ça les excite. Ca joue pour moi. Je ne m'en vante ni ne m'en plains.

Quand mes amis envieux me posent des questions je n'essaye plus d'esquiver, même si c'est mal vu. Je n'ai pas la fausse modestie des angoissés de l'affect. Je travaille la franchise au corps sans âme. J'aime sentir faire jouir. Je ne partage rien. Je n'ai jamais analysé quoi que ce soit. Je ne m'encombre pas de considérations extérieures à ce qui fait de moi ce que je suis, puisque je n'y peux rien. Mais le fait est que, croyez-le, chez moi, ça baise suitant, et affable. Et discret. J'en suis pas peu fier.

Bien sûr, il y a des périodes pénibles. Des ruptures douleureuses. Certaines qui reviennent à la charge. Je n'explique rien non plus. Parler me fatigue vite. Je n'ai pas envie de m'étendre sur des conneries du genre ma mère ne m'a jamais aimé, mon père encore moins. Le divorce, le grand frère tyrannique. L'argent qui manquait beaucoup un jour puis ne manquait plus du tout le lendemain. Des conneries.

Les premières vraies amours à gerber. Le passage à des priorités grasses. Le dépucelage avec probablement la plus laide et la plus stupide du lot. Puis la liberté de choisir entre un bon paquet d'entre-cuisses parfois litigieux.

Je n'ai aucune intention qu'on m'aime, à court, moyen ou long terme. Je sens certes l'âge venir mais ne m'en inquiète pas outre-mesure.

 

Alors il est hors de question de justifier, de bavasser, d'épiloguer, de pérorer, de geindre. Ecrire, à peine. Le geste autobiographique en tant que tel me donne la nausée. Mes baiseries n'ont d'intérêt que pour moi, et encore. Mon travail m'emmerde, ma famille et mes amis aussi. Sans parler des femmes, bien entendu. Elles ont fait de moi l'être sans envergure que je suis devenu. C'est tout. J'ai juste l'impression de retarder les échéances à chaque nouvelle que je pénètre.

Je ne m'en vante pas. Je ne l'évoque jamais. Je n'ai ni la patience ni le talent pour conter une vie basique comme la mienne. J'aime sentir de nouvelles odeurs. J'aime faire jouir. Point.

Le reste je le laisse aux musiciens du dimanche et aux écrivaines ratées qui réussissent.

Ici, je tenais simplement à lever toute ambiguïté.

 

A chacun ses drames, ses bases de vie. Tragiquement semblables et tristement uniques. Inutile de tergiverser sur ce qui aurait dû être et n'a jamais été.

 

Moi, ma mère ne m'a jamais aimé.

 

 

On y survit très bien.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 19:19

(première partie du texte ici)

 


Le passage dans la chambre est express. Elle n'est ni grande, ni petite, propre, avec une jolie vue.

 

 

colognefenêtre-copie-1

 

La valise est posée et la faim guette. Il faut se décider à aller se restaurer sans trop savoir où. Après un rapide premier tour du centre ville vous vous souvenez que l'auberge d'à côté emploie une femme charmante qui vous a indiqué votre chemin la première fois. Après tractations sur ce qui serait le plus local à manger c'est sur un wiener schnitzel bien goûtu que le choix se porte. La bière blanche est bonne et pas chère. La tête tourne juste ce qu'il faut après trois verres.

 

Il faut maintenant remonter les quais dans l'autre sens.

 

 

colognequais

 

 

 

Après quelques centaines de mètres vous tombez, coincé entre deux avenues, le SkulpturenPark Köln. Petit et en travaux. Vous préférez le lieu lui-même, le vert et les arbres, aux oeuvres installées.

 

 

cologneparc

 

cologneparc2

 

colognesculpture1

 

colognesculpture2

 

colognesculpture2bis

 

colognesculpture3

 


Toujours avec la sensation que le temps perdu n'existe plus vous repartez en direction du plein centre-ville. L'après-midi continue d'avancer et vous traversez des quartiers résidentiels dont la sage et belle tranquillité semble contractuelle.


 

 

colognemaison 

 

colognemaison2

 


cologneappartements

 

 

En chemin vous comptez le nombre finalement important de voitures françaises. Non pas que ça ait un quelconque intérêt mais plutôt que ça vous amuse. Et vous les prenez aussi en photo. Il fait beau, les Allemands ne sont pas si grands que ça de taille, ne parlent pas anglais et conduisent des Renault, des Peugeot, et parfois même des Citroën. Les preuves sont là mais sur le dernier point ici les plaques d'immatriculation gênent. Votre serviteur se rend compte qu'il n'a même pas de quoi les masquer sur les photos dans son ordinateur.

 

Mais peu importe. Vous marchez encore et toujours, sans la moindre lassitude. Mais vous avez besoin d'un goûter malgré tout. Pendant l'effort le réconfort. Régression ultime, faiblesse voire péché de gourmandise, loin de chez soi.

 

 

colognepalmier

 

 

 

Vous aurez noté que votre humble correspondant a eu du mal à ne pas croquer dans le palmier avant de le prendre en photo. La dernière du condamné. Le tout restant évidemment de savoir qui est le condamné.

 

 


 

Car maintenant l'heure est grave.

La cathédrale vous attend de pied ferme.

 

 

 

(à suivre)

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:11

Le compte y est. Il risque d'y avoir du ménage indispensable à suivre mais le compte est bon, a priori. 300 articles avec celui-ci. J'ai aussi "fêté" mes 30 ans et je remercie beaucoup celles et ceux qui y ont pensé. Il m'est arrivé des choses sympa depuis, trop peu, et une belle catastrophe que je voyais venir depuis longtemps.

J'ai pas mal bougé, géographiquement parlant, et ce n'est pas tout à fait fini. La raison de mon relatif silence se trouve là. C'est pour le mieux.

J'ai revu et reverrai un ami de ma moitié de vie précédente. Et ça, par exemple, c'est toujours une expérience agréable et amusante. On s'est interrogé tous les deux. On a fait beaucoup de oh la vache je l'avais oublié ça/lui/elle. On a bien ri. Merci beaucoup à cet ami, j'imagine que vous en reparlerai.

J'ai rencontré enfin pour de vrai une amie blogueuse de longue date. Et ça, c'était vraiment bien fendard, et je la remercie tout autant.

J'espère que ce n'est que le début d'un renouveau de trentaine déjà bien pourrie au niveau du quignon.

Quoi qu'il en soit, le blog continuera vaille que vaille.

Car ces derniers temps sinon j'avais il est vrai un bon paquet de billets plein de haine et de frustration à vous soumettre. Alors je vous les ai épargnés.

Portez-vous bien, comme toujours.

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Published by injektileur - dans insanités
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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 02:22

À l’entrée dans le train rouge vous ne vous attendiez pas à grand chose. Les rencontres ferroviaires sont de ces idées dont vous aviez castré l’idée depuis des milliers de matinées. De fait, vous êtes assis seul et mou contre votre fenêtre sale.
Puis vient Liège, sa gare et d’un coup d’une taillade votre voyage prend de l’ampleur.

 

 

P1000433

 

 


Et vous vous trouvez alors un peu moins engoncé dans vos - minables - existences. Vous vous efforcez de penser à éprouver une reconnaissance un tant soit peu sincère envers quiconque serait responsable.

 

 

Arrivé à Cologne en ce début mai il fait un temps bleu immaculé. Le vif du sujet. La cathédrale ressemble à une gigantesque pierre tombale brûlante, et mal entretenue. Elle fait presque peur. Et vous aimez un peu avoir peur, mais pas d'emblée.

 

 

colognecathédrale2

 

 

 

 

Vous entrerez plus tard, parce que pour l'instant quelque chose d'encore plus puissant vous appelle.

Le Rhin, un peu plus loin, respire comme une mer intérieure.

 

 

 

P1000443

 

 

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Avec l'approbation des mouettes, humant un air bon frais comme vous ne le connaissiez plus vous vous dirigez lentement vers l'auberge où vous avez prévu de passer la nuit.

 

 

(à suivre)

 

 

 

 

 

(Quelques explications : c'est autant par flemme que par souci technique - à cause des "grosses" photos - que je vais couper ce texte en plusieurs petites parties. Je ne sais pas quand il sera fini. Mais je me lance sinon je le ferai jamais. Donc il y a aussi une envie d'avancer.)

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 01:41

(ceci est en train de devenir une série en tant que tel, vous pouvez lire les textes précédents ici)

 

Dans une grande salle qui - supposons - put être blanche immaculée par le passé, Septembre entre seule et se fige d'un coup avant de laisser éclater une colère comme elle n'en a pas connue depuis une éternité.

 

Le désordre est énorme. De l'ordre de l'auto-cambriolage.

 

(transcription littérale du monologue pas intérieur)

 

S: Putain, mais c'est quoi ce bordel qu'elles m'ont foutu, les autres cruches !?! Tous les ans c'est pareil ! Ras le cul ! Elles le font vraiment exprès, c'est pas possible... Et pis l'autre glandu, là, derrière son écran tout le temps, en train de geindre parce qu'il va avoir 30 ans... Non mais quel incapable. Même pas les couilles de m'aider à ranger ce foutoir...  

(elle se tait quelques secondes, en essayant de se calmer.)

(elle échoue)

Franchement... ça tombe toujours sur moi, la rentrée. Ras le bol. Y'a plein de pays où c'est différent, alors pourquoi on me fait chier, comme ça ? J'étais plutôt sympa, moi, à la base. Je me force même, quand je suis de bonne humeur, à leur sortir leur été indien à la con, là. Et c'est comme ça qu'on me remercie ? Faut pas déconner, non plus... De toute façon ma bonne humeur, c'est comme les truffes,  très rare, très cher, et elle se récolte - manque de bol - en hiver.

Merde, merde, et remerde.

Je laisse l'autre mou du bulbe se charger de rectifier le tir...

 

(elle s'en va en claquant la porte)

 

 

Vous savez, il fait toujours plus de son mieux, l'auteur, pour rectifier le tir. Il use d'artifices faciles, comme planter la belle chanson que vous trouverez ci-dessous, pas du tout originale en ces circonstances. Il se perd en conjectures et illusions perdues et, vous l'avez constaté, Septembre lui fait gravement la gueule. A raison ou à tort. Et il croit savoir pourquoi)

 

 

 

(Septembre revient soudain, comme une trombe, à peine calmée)

 

S: Et putain c'est quoi encore cette 3ème personne du singulier à la mords-moi l'machin, hein ?!

T : Bah... Je sais pas ? Genre, distanciation classe ?

S : ........ (pas convaincue)

T : Tu sais, ça se fait souvent, chez les "grands auteurs"

S : ........  (pas convaincue, du tout)

T : ........  (bergmanien)

S : Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

T : Boh, rien, plus rien... En tout cas, tu brides ma créativité

S : Elle a pas besoin de moi pour être bridée. Franchement.

T : .......

S : Allez, fous-moi le camp

T : Euh, c'est toi qui t'étais barrée, et je suis un peu toujours ici chez moi, malgré tout, permets-moi de te le rappeler...

S : Ah.......

T : Eh weh !

S : Dis, à ce propos, je m'énervais mais......

T : .... Mais quoi ?

S : J'aurais droit à un vrai texte, l'année prochaine ?

T : ....... (essaye le regard à la Kitano, et foire)


S : .... (elle l'observe avec incompréhension) Okay, on verra ça le moment venu

 

(Septembre ressort, et reclaque la porte pour se garder une contenance. L'auteur ressort quant à lui son téléphone pour jouer et battres ses records à Tappi Bear)

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 05:18

Nous ne sommes pas les enfants des ordres nouveaux

Nous avons attendu un temps qui n'est jamais venu

Nous avons vécu nos propres sales guerres

Nous nous sommes retenus de ou cachés pour pleurer

Nous avons écouté nos aînés comme nos cadets

Nous nous sommes persuadés de l'invraisemblance d'une vie raisonnablement heureuse

Et ainsi nous sommes parvenus à quelques conclusions superflues

 

 

Aujourd'hui nous avons décidé de tirer sur le cordon plutôt que de chercher l'interrupteur

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 04:44

Ils cherchaient l'inspiration dans autre chose que l'amour et l'eau fraîche, et ne la trouvaient pas autrement qu'en fines couches d'hydrocarbures flottant sur la masse incongrue d'éléments indépendants de leur volonté.

Alors de parfois à souvent, quand autrefois et après-demain se faisaient écho, il leur arrivait de déprimer à pleins poumons sur l'inanité de leurs basses vies.

 

Et depuis ces origines, ces gens en parlent. Ils parlent. Ils sont comme nous. Ils parlent et parlent pour reparler de ce qu'ils ont déjà thésé antithésé synthétisé depuis des lustres au carré. Sans cesse ils vont viennent reviennent sur leurs illusions, leurs visions, leurs malheurs, leurs brimades, leurs traumatismes. L'injustice et l'ingratitude. Il y a certes toujours une petite place pour les joies, les combats sains, les stimulations, les passions. En extrapolant.

Mais au final l'effet apparaît unique, sans ambiguïté.

 

Ils se saoûlent rapidement et sûrement. Ils se dissolvent dans la logorrhée. Ils "SE cherchent".

Tellement bus par leur propre personne ils se sont retrouvés trop tôt bloqués dans des labyrinthes qu'ils avaient coutume de rêver gigantesques. Leurs traits sont rouges et tirés. Leur front strillé. Leurs yeux cinq centimètres en dessous de leurs orbites.

 

Ils s'enivrent de leur médiocrité parlée. Médiocrité qui si elle n'est pas parlée, sera écrite.

Ils se cloîtrent dans leurs idées. Ils revendiquent leur solitude et leurs choix, plus souvent mauvais que bons. Ils se défigurent uniques et indispensables. Ils ont l'haleine chargée des ratés de longue date.

 

On les appelle les handicapés du bonheur.

 

 

Celles et ceux qui se languissent toute leur vie d'une paix intérieure qu'ils ne connaîtront jamais, pour aux derniers jours recentrer leur douleur sur le Vide qui ne leur appartient même pas.

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