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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 03:57

(le titre fait référence à un prix, le stylish blogger award que le burp m'a très gentiment décerné et que je ferai passer à mon tour d'ici peu de temps. J'ai notamment besoin de trouver les personnes à qui le décerner et bien que j'ai de bonnes idées parmi les personnes que vous pouvez déjà voir dans mes liens, je crains d'en manquer un peu... bref, on verra bien)

 

 

 

"Ne lâchez rien". Il y a dix ans nous étions tous, au fond de nous-mêmes pour la plupart, à la surface pour d'autres, à nous demander non pas si nous deviendrions des grands hommes, mais plutôt si la décennie à suivre nous serait magnanime. Force est de constater que nous n'avons pas été gâtés.

Ceux qui ont réussi sont tout aussi las et blasés que ceux qui se sont plantés. Les rares nouveaux riches ou anciens qui le sont restés supplantent en ennui généralisé la grande bourgeoisie du siècle précédent. Car il ne faut pas se méprendre. L'ennui est là et bien là. Quelle tristesse de constater que tous ces gens n'ont pas encore compris qu'être un nanti n'a d'intérêt que si l'on demeure parmi les moins nantis. Pas parmi les pauvres.

 

Résultat sous plein d'aspects 2011 n'est pas vraiment 1789, mais peut-être un peu 1848. Le tout communication a tout du leurre. Le printemps arabe n'empêche ou ne jugule en rien les tensions raciales et religieuses exarcerbées aux quatre coins du globe. Le 11 septembre a sonné le glas de quelque chose de grand qui aurait dû se construire sur les jolies célébrations du XXème siècle finissant.

 

Aujourd'hui le monde dans son affolante majorité est criblé de dettes au mieux, affamé au pire, gavé d'informations et de jouets inutiles, indifférent ou pas informé du gâchis et de la spéculation sur les matières premières, meurtri par le chômage et la révolte qui gronde depuis toutes les strates de la société du grand village mondial.

Aux extrêmes la Chine ne tiendra pas longtemps tel quel, parce que le reste du monde ne tiendra pas longtemps tout court. Les vieux modèles disparaissent et c'est probablement pour le mieux, mais si les nouveaux ne sont pas viables c'est une catastrophe qui se prépare.

Les centrales nucléaires plus vieilles que nous, maintenues en vie par des compagnies privées sans scrupules, les pays du Moyen-Orient qu'on choisit de soutenir si le calendrier électoral et les scandales intérieurs sont favorables, le roman-feuilleton d'un queutard à New-York, le baccalauréat organisé et sous-traité encore une fois par des boîtes privées, tout ça n'est qu'un minuscule morceau du prisme qui me fait dire que je ne suis pas sûr, plus sûr de la validité première de l'expression "avoir réussi sa vie" aujourd'hui.

 

Ici, j'arrive à quelque chose de plus personnel. Le 10 septembre 2001 j'ai eu vingt ans. Je l'ai déjà dit auparavant. Tout ça est passé bien vite c'est une évidence. Et bien malgré moi je n'arrive pas à ouvrir les yeux sur ce qui s'apparente au vrai lent début du ratage de ma vie.

Pourtant je ne pleurerai pas sur mon sort. Car s'il y a quelque chose auquel je me refuse, c'est bien envier celles et ceux qui ont réussi à faire leur trou - forcément futile et injuste - dans notre monde d'après l'an 2000.

Vous vous souvenez ? Ce même monde qui à l'origine, dans les pubs, sur les écrans, dans les livres, était censé nous appartenir.

 

La grande arnaque n'en est peut-être qu'à son développement.

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Published by injektileur - dans gueulantes
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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 01:40

Cette année, Juillet fait vraiment la gueule. Elle se fout de se que l'on attend d'elle. Le soleil n'est pas sa priorité. Si tant est qu'il l'ait déjà été.

Elle sait surtout qu'elle s'est pris des mandales, autant au propre qu'au figuré. Elle sait la seule chose à savoir et à réciter comme un mantra. "Imagine le pire et dis-toi bien que c'est et sera encore pire que ce que tu imagines"

 

Elle est un peu trop imbue de sa personne. Grandiloquente, voire. Elle se vante de ne pas être une fausse timide.

 

La vérité est que Juillet est simplement taiseuse, et que c'est mieux comme ça.

 

 

(musique : "Requiem" de Kashiwa Daisuke. Mis en ligne sur youtube par XHeart360)
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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 03:34

Début mai dernier je suis allé à Cologne pendant deux jours, tout seul comme un grand. Je ne désespère pas de vous faire un joli compte-rendu. En attendant, et parce que j'avais envie d'essayer pour la première fois de mettre en ligne une vidéo personnelle sur youtube - il n'est jamais trop tard, je l'ai déjà dit - j'ai décidé de me faire rigoler moi-même - c'est déjà ça - à vous montrer ce truc qui m'est venu dans la cathédrale. Le truc qui me fait dire que si j'avais un peu plus prié dans ma vie, j'aurais peut-être eu un lens flare plus joli à travers le vitrail. Vous savez, genre "doigt de Dieu".

Ici, le doigt ferait plutôt penser à un gros orteil avec un ongle incarné.

Bref, sur ce, je vous laisse, je dois aller à confesse puis méditer sur l'ineptie de ma vie.

 

 

 

 

 

 

 

Plus sérieusement, je viens d'apprendre le mot "estivation" (hibernation d'été) et je trouve qu'il me convient bien. Vivement que les nuits rallongent un peu.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 03:12

Advienne que prévaudra, dans le silence entre autres

L'expectative trop lente trop grasse rape sur les nerfs

Prévienne que guérit, même si guérison il n'y aura pas, on vous ment

Gonflée à bloc et à blanc l'inertie triste poursuit sa route

Ne gâchez pas tout de suite vos dernières cartouches

Ne rechignez pas à faire montre d'un minimum de fausse volonté

Le ciel appartient à celles qui couchent tôt

La ponctuation sans utilité sur des idées stériles

Et la rhétorique bancale comme seule planche de salut

Advienne que faudra, sur le vide au-delà des maux

Les priorités s'entassent se déforment se défont

Là où sauve qui pourra, avec les méandres surfaits en pleine contagion.

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Published by injektileur - dans poyézie ou presque
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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 05:55

Appréhender. Les deux sens du terme. Enfin, imaginons. Assimilons les fausses cuites que plombe l'univers rose calciné de ceux qui nous bradent leur excédents de stocks. Suivons les coursiers aux grand coeur sur tous les plateaux de télévision. Cliquons à perdre les ongles sur ces magnifiques sites où tout est lié. De l'ordure à l'ordure en passant par les zolies digressions de journalistes-écrivains-philosophes-essayistes-penseurs-économistes-ministres-spécialistes-de-forcément-quelque-chose auto-proclamés.

Apprécions la diversité des sources et des envies de bien faire, de vite faire, d'écrire vrai et complet, riche et dégueulasse ou pauvre et bienveillant.

Prenons acte des efforts concédés par les différentes fanges de nos classes dirigeantes.

 

Branlons le bas de combat. Ne serait-ce que parce que celle-là oui j'ai toujours rêvé de l'écrire un jour.

Fédérons les Nadal au-dessus de nous. Et jurons que celle-là, non, j'en ai pas rêvé mais je l'ai fait quand même.

 

Partageons nos peurs comme nos reproches, pour mieux nous mettre sur la gueule. Accueillons la grandeur où qu'elle pointe, et enterrons-là quand elle disparaît. N'écoutons pas la voix des ceux-là trop bien nés après la guerre. Créons ce qu'on nous dit de créer. Subjuguons nos aînés par la connerie. Maîtrisons la connerie par la rage. Calculons la médiocrité avec la puissance.

 

Vénérons le tout-communication, le tout-information, le tout-sexe, le tout-art, le tout-économie tout-politique.

Absolvons internet, le porno et les lolcats. Osons les lolhorses. Puis plus tard les lolsharks. Oui, gardons le meilleur pour plus tard. Ne sourions pas parce que ça ne sert absolument à rien. Ne sourions pas parce que ça n'a jamais rien apporté à personne.

 

Travaillons en silence et en souffrance. Chômons avec élégance et courtoisie. Compatissons aux douleurs des autres. Mais ne sourions pas. Sourire c'est pour les cons. Sachons rire cependant. Parce que chacun sait qu'il est bon de rire, parfois. Mais ne sourions pas. Sourire donne des rides.

 

Lisons. Lisons beaucoup et bien. En silence et sérieusement. Attentivement.

Baisons. Si possible. Sans sentiments si possible et ne lisons donc pas celles et ceux qui nous vantent pour vendre les mérites de l'amour absolu. Qui fait sourire et donne des rides.

 

Ainsi CQFDons. Concluons sans grâce aucune pour celles et ceux à qui les visions ne s'offrent plus. Plaignons les autres à qui elles aparaissent encore. Pleurons virilement, sans emphase. Mettons un terme à ces choses futiles dont se nourrit notre magnifique monde d'échange et de savoir. Puis enfin, carmina buranons en force, dans l'émotion, la sagesse et la classe.

 

 


 

emohorse

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Published by injektileur - dans poyézie ou presque
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 18:29

Tout est dans le titre et j'aurais aimé, une fois au moins une fois seulement, la fois que le silence se fait, parvenir à regagner ce qui m'a toujours manqué pour finir ce que je commence.

Quand l'originalité et l'envie se font la malle c'est le fondamental qui pâtit. Il y a malgré tout - salutaires - les serments qui tiennent et auxquels on s'agrippe comme un diable en fin de parcours. Il faudrait déjà remercier les grands tréfonds pour leur clémence mais je m'abstiendrai.

L'envie n'est plus mais le besoin reste, et les règles existent pour qu'on les applique.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 04:43

 

 

 

 

Ces chansons viennent de terres souvent inhospitalières, aux hivers rigoureux. Des bouts du monde miniatures battus par les vents de toutes directions et la neige en collines. Plus au nord les bateaux s'aventurent avec peur.

Il fallait à la base que l'instrument devienne plus violent qu'ailleurs. Il fallait qu'il tourne comme les rafales. Il fallait qu'il se lève puis meurt avec les courants.

Bien sûr bien sûr il y a à l'origine une histoire tragique derrière tout ça, une légende, une fable. Il s'agit d'un chant pour les morts. Il s'agit d'un chant en hommage à un moine martyr.

Mais de mon côté j'en retiens avec empathie et nostalgie les éléments déchaînés. J'en garde la perfection formelle de régions reculées balayées par des bourrasques verticales en plaines et horizontales sur les flanc des montagnes. Ces paysages qui savent me réduire au silence. Cette terre que j'écoute pleurer avec fascination et qui me manque tellement.

 


 

 

 

(musique : "Tsugaru Jongara Bushi" interprété par Hanawa Chie, au Boozy Muse à Tokyo le 20/11/2009. Vidéo mise en ligne sur youtube par Roze523. Si ça vous intéresse, il y a tout un tas de versions disponibles de ce très célèbre morceau de shamisen.)

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 00:17

Ici le tic premier est de répéter sans cesse ce qu'on vient de dire en imaginant que cela puisse servir le propos. Ici le fantôme de Thomas Bernhard se marre sans cape. Il n'aime pas du tout qu'on l'invoque pour rien ou si peu, hélas.

Oui mais, oui mais sans répétition l'ici n'est effectivement rien. Les efforts et les lamentations trop peu laconiques tombent de suite sur une impasse. S'astreindre à ne jamais utiliser deux fois le même mot devient une mission inutilement fatigante infaisable.

Et impassibles les lignes se font plus courtes et plus tangibles. Moins banales, si seulement.

Ici il y a avant tout le refus de se fourvoyer là où les connasses se reconnaissent. Ce n'est malheureusement ni gratifiant ni payant ni productif ou efficace, mais même lorsque les reproches s'aversent en silences pathétiques il nous reste la seule sincérité du devoir accompli. Puis l'humilité allongée tristement sous une interminable épée de Damoclès. Et la sensation qui se lit comme suit.

L'âme est de ce côté-ci soyez-en assurés. L'âme est de ce côté-ci soyez-en assurés. L'âme est de ce côté-ci, soyez-en assurés.


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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 01:21

Même desséchée au troisième degré, Juin devant vous se présentera comme chaque année, imperturbable. Elle sera à peine maquillée, presque brutale. Elle sera remplie de contradictions et n'oubliera pas de vous le faire comprendre. Presque vulgaire. Surjouée.

 

Juin est surjouée, juin perd l'extase et l'inspiration mais juin est là. Juin reste là. Juin va beaucoup trop vite parfois.

Juin est bancale mais elle est là.

Juin devrait être la plus équilibrée parmi les déséquilibrées. Force est de constater que c'est raté.

 

Elle s'offrira à vous comme chaque année, imperturbable. Elle sera trop blasée, presque létale. Elle restera coite dans vos moments de doute et vos inutiles introspections. Elle s'emplira lentement des dizaines et des dizaines de mélancolies successives qui vous assaillent à chacun de ses retours.

Puis vous vous défendrez. Puis vous contre-attaquerez. Puis vous n'aurez qu'à vous baisser pour la ramasser lorsqu'elle cèdera sous vos assauts mal calculés. Vous l'enterrerez sans trop de regrets. Vous la pleurerez un peu, histoire de faire bonne figure. Vous la redouterez un instant encore. Puis vous l'oublierez d'un coup. Question de survie.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

(video unrelated, comme on dit. En espérant que ça puisse faire plaisir à quelqu'un...)

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Published by injektileur - dans calendes drillées
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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 04:44

Voilà, on y est, c'est bien joli très joli d'essayer d'écrire sur le fait d'écrire sans savoir pourquoi on écrit tout en sachant très bien qu'on n'a aucune autre possibilité que celle d'écrire.

Avant l'âge des espoirs ou des visions était venu celui des rêves basiques et linéaires. Ces époques bénies où il était encore possible de se réveiller en sueur pour de bonnes raisons. Ces époques bénies où le plafond blanc craquelé savait trouver sens.

 

Alors voilà, on y est. C'est vraiment joli d'essayer après tant d'autres d'écrire sur le fait d'écrire sans admettre tout à fait que l'on n'est rien tout en sachant très bien qu'on n'a aucune aucune autre possibilité que celle de n'être rien.

Après l'âge des pathétiques viendra celui des désillusions toujours plus drues. Il y aura beaucoup de pertes côté attaquant, la défense carrée se bornant à repousser dans le lit toute tentative constructive de changement.

 

Oui, c'est adorable de s'essayer à l'écriture après tout le monde. C'est touchant de constater à quel point il est facile de se prendre le côté de la plaque sur la gueule. Dans les doigts. A l'intérieur des doigts.

Il n'y a plus de réelles visions depuis si longtemps. Il n'y a plus de simulacre de vitalité depuis si longtemps.

 

Non, il ne s'agit pas d'une gageure que de faire quelques efforts pour se vendre ou s'affirmer en écrivant.

C'est simplement la vanité de la chose qui ni n'émeut ni n'amuse ou encore moins ne détend au fil des décennies. C'est simplement l'inutilité de la chose qui surprend encore et toujours alors qu'une fois de plus il faut se laisser aller à rester médiocre parmi les grands.

 

Le problème étant ici qu'avant même de vous plaindre de votre sort vous n'avez jamais tout à fait fini d'écrire et de pester contre votre absence de légèreté.

 

Voilà, on y est.

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Published by injektileur - dans divagations
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