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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 00:00

 

 

 

Dans l'autre coin il y a ceux qui assument aimer la tristesse cynique. A leur gauche un arynorvégien d'extrême droite qui massacre des gamins innocents sinon un peu militants. A leur gauche une gamine laide comme une boule de poils dans le siphon du lavabo et dont la voix de pierre ponce usée restera très probablement dans les mémoires.

Elle finit sa vie sans la moindre surprise générale mais avec les quelques pleureuses adéquates.

L'été est là et le monde s'ennuie. Il faut du sang et des larmes pas forcément promises à la base.

Les médias tournent en boucle parce qu'ils connaissent le topo. Juillet, à part le sport c'est toujours difficile de trouver quelque chose à dire. La crise nouvelle permet de nouveaux sujets de discussions impromptus. L'ivresse naît vite, ponctuelle. La météo et les embouteillages et le taux de remplissage des hôtels sont fidèles à l'appel.

Mais l'été et les humains ont plus besoin de sang et de larmes que d'une victoire australienne sur le Tour de France.

Les cyniques prennent la corde. Ils mettent la gamine morte dans un sac plastique et un club ridicule qui n'existe que pour faire vendre des livres des films, des émissions retrospectives et des compilations.

Les files de voitures descendent pour mieux remonter 10 jours de congés payés plus tard.

L'arynorvégien a été tout à fait méthodique. Il a fait une peur tout à fait légitime. Personne n'est plus à l'abri puisqu'il est vivant.

Tous les gamins sont dans des sacs plastiques. Les parents, les proches pleurent. Les cyniques admirent.

La plus vieille avant l'heure d'entre eux a un peu chanté, quand elle était en état de le faire. Insuffisant pour l'esthète en sarcasmes, il faut du pathétique, il faut absolument entendre vingt mille personnes huer leur ancienne idole qui l'est probablement redevenue depuis.

Les gamins se réunissent sur une petite île et se font piéger, traquer comme du gibier par un seul chasseur fou. Tout un quartier se voit soufflé à la bombe comme par une tempête. Mais ce n'est pas assez pour le spectateur exigeant, il faut des images chocs, des interviews sous le choc, en boucle. Il faut rassurer la plèbe, il faut se féliciter que ce soit un bon chrétien blanc aux yeux bleus qui ait fait le coup. Il faut faire s'héberluer le monde entier devant une catastrophe d'ampleur nationale. Il ne faut pas se taire complètement face aux personnes qui ont perdu leur enfant, leur ami. Il faut leur demander à tous ce qu'il s'est passé. A chaud, c'est important, c'est vital, tout de suite. La police ne fait pas assez bien son travail. Les journalistes si.

Les journalistes en vacances sont d'ailleurs tristes de ne pas être disponibles pour de telles mines d'or. Ils s'ennuient.

 

En Chine, les trains n'ont pas la cote. Dans un pays où tout va trop vite on ne leur a pas appris à s'arrêter. Et encore toujours des morts et des catastrophes à filmer. Du spectacle faux, tragique et magnifique.

En Afrique cette année la famine se porte très bas sur les hanches. Les chiffres dépassent l'entendement donc on ne les cite plus ou à peine. C'est là que le cynique montre tristement ses limites.

 

Parce que, oui, le cynique sait se montrer un minimum humain lorsqu'il voit des tout petits enfants rachitiques couverts de mouches. Même noirs. Il se tait. Enfin.

On en montre un, voire deux - après les chips prennent vraiment un trop sale goût - mais ces enfants en train de mourir de faim, même noirs, même loin, ils sont évidemment des milliers, des centaines de milliers. Des millions à venir qui sait.

 

Joie.

 

Notre monde est beau, juste, équilibré, sain.

 

 

 


De toute façon nous sommes sauvés. Il reste le Tour de France. Les gens sourient, s'aiment, s'interpellent, se respectent, sont heureux. Ils dégueulassent tout sur leur passage puis rentrent chez eux et attendent les nouvelles de Norvège, de Bruxelles, de Londres. Parfois même d'Afrique de l'Est, après le café.

 

Petit à petit la musique prend alors une autre tournure. De plus en plus grotesque. Dans le sens noble du terme, s'il existe.

 

 

 

 

 

 

Condoléances aux familles des victimes et au peuple norvégien.

 

Compassion contrite pour les Somaliens qui ont malheureusement l'habitude de ce qui est en train de leur arriver.

 

R.I.P Amy - sans rancune, je t'aimais bien, tu sais. Garde-moi une place si possible.

 


 

Et félicitations à Cadel. Félicitations à tous les coureurs.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 18:29

Tout est dans le titre et j'aurais aimé, une fois au moins une fois seulement, la fois que le silence se fait, parvenir à regagner ce qui m'a toujours manqué pour finir ce que je commence.

Quand l'originalité et l'envie se font la malle c'est le fondamental qui pâtit. Il y a malgré tout - salutaires - les serments qui tiennent et auxquels on s'agrippe comme un diable en fin de parcours. Il faudrait déjà remercier les grands tréfonds pour leur clémence mais je m'abstiendrai.

L'envie n'est plus mais le besoin reste, et les règles existent pour qu'on les applique.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 06:36

 

 

 

 

D'ici d'emblée, la garantie que vous allez en bouffer, du Canadien enragé. Préférer prévenir que guérir, même si la guérison est hors de portée. Comment voulez-vous trouver une quelconque sérénité ou motivation lorsque quelqu'un vous fait comprendre en quelques minutes qu'il a déjà fait ce que vous avez toujours rêvé de faire, des siècles avant vous, en qualité comme en quantité. Et il y a frustration parce que les limites que vous vous connaissez ne sont rien comparées à celles qu'on vous inflige à chaque fois que vous appuyez sur le bouton, virtuel ou non. Certains sont galvanisés par la grandeur, d'autres terrifiés, et d'autres encore incroyablement frustrés, bloqués dans leurs petites idées propres dont ils n'arrivent jamais à sortir et qu'ils ne sortiront jamais.

Faire son truc, faire son trou, évidemment, évidemment.

Mais les obsessions sont là, elles sont communes et ne s'apparentent jamais à du vol puisque vous arrivez bien bien après la musique. Quand tu allais on revenait, rien n'est plus vrai.

Se demander ce qui est grand et petit, se demander si c'est à notre portée ou non. Et au final souffrir affreusement de se faire ouned par l'ensemble des artistes que vous aimez plus que tout au monde, depuis votre naissance.

 

 

 

(musique : Venetian Snares - toujours - Pwntendo. Vidéo mise en ligne sur youtube par OpenEyeVisuals)

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 13:54

 

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edit 13/3/11 : changement de vidéo, plus longue avec des sources variées, mis en ligne sur youtube par znoeaz

 

>> 15/3/11 : vidéo finalement supprimée

 

 

 

 

Les mots manquent, et les minutes se font très très longues. En gros, je ne vous apprend rien, et les images à la télévision parlent et parleront d'elles-mêmes. Je "préfère" illustrer ce jour avec une vidéo de l'intérieur, presque quotidienne. Edifiante. Si vous me suivez régulièrement vous savez probablement combien ce pays compte pour moi et je ne reviendrai pas là-dessus. Je pense aux quelques amis qu'il me reste là-bas et à leurs familles dans les régions touchées.

Il s'avère qu'il y a maintenant longtemps j'ai par exemple passé un peu moins de 24 heures à Sendai et que j'avais adoré. J'espère que l'amie qui m'avait accueilli et guidé dans sa ville n'est plus dans le coin. Malgré les images je n'arrive pas à imaginer ce qui s'est passé, se passe encore et va continuer de se passer dans les semaines à venir.

Des pensées à la limite de la prière pour le Japon, donc. Pour les morts et les vivants. Pour ce qui vient.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 05:50

Deux-cent-quarante-deux fois sur le métier vous remettrez votre ouvrage.

Et des centaines de fois supplémentaires vous chercherez sans relâche l'amélioration continue. Il n'y a rien de plus ridicule que l'insistance dans le vide et le froid.

Jusqu'ici la solitude a tant pesé que sur le métier ce sont des ouvrages bien bas de plafond que vous placez avec une régularité de métronome en proie à de grosses courbatures. Normalement, l'étude, la répétition, le "travail" n'est pas quelque chose à partager. Voire, il ne faut le partager avec personne. Ce n'est même pas une question de secret de fabrication - expression exagérée ici - mais plutôt d'ennui du lectorat. L'ennui brutal.

Beaucoup sont les dessinateurs à mettre tout et n'importe quoi en ligne, des bouts de carnets à perte de vue qui n'ont probablement comme seul intérêt l'intérêt de réserve planquée dans une immensité en mouvance. Et les textes présentés ici n'ont probablement aucun intérêt sinon l'intérêt premier de l'exercice à répétition, parfois de style, souvent sans style du tout.

Le regret de leur auteur est de s'être fourvoyé dans le traitement systématique de textes courts, alors que son seul objectif est de finir ses hypothétiques - voire fantasmés - romans. Il l'a répété et répété et malheureusement il le répétera encore, le manque d'activité de la part du trop faible nombre de lecteurs lui interdisent de trouver le courage et la force de finir ce qu'il a commencé.

Le regret est donc là. La lecture de textes longs et un minimum "fouillés" sur un écran ne sera jamais quelque chose d'accrocheur. Et plus ceux-ci sont longs et complexes, plus l'énergie manque, faute d'attention de la part de l'entourage.

 

Pourtant pourtant, il n'y a aucun regret ici de s'être lancé sur cette piste glissante et ingrate. Parce que justement dans toute la vanité, la régularité, l'absurdité prétentieuse de la chose il y a l'espoir que malgré la solitude, certaines parties - mêmes infimes - de cette piste vaillent la peine d'être ici gravées dans le marbre binaire.

 

Merci à vous, toujours, malgré tout, qui que vous soyez, quelque soit la raison de votre présence et de votre patience.

 


 


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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 03:34

Ce soir dans le métro j'ai vu un mec lécher son téléphone portable pour, apparemment, le nettoyer. Je pense que Venise peut attendre.

Merci de votre soutien et de votre attention.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 03:31

On a beau ne pas se tenir au courant, ça fait toujours un énorme choc quand un artiste que vous appréciez meurt, surtout dans la force de l'âge.

Kon Satoshi nous a quittés ce 24 août. Le cancer l'a emporté alors qu'il allait sur ses 47 ans. Son nom n'est pas vraiment connu du grand public par chez nous, mais nombreux sont celles et ceux qui se souviennent de son premier film "Perfect Blue" sorti en 1998, salué par la critique et le public amateur d'animation de qualité. Ce polar très sombre - une histoire de dédoublement et de traquage de starlette au milieu de crimes sanglants - était malgré tout perfectible, comme tous les premiers longs-métrages ou presque - notamment dans l'animation. Perfectible mais inoubliable.

Les suivants ont, je le pense, atteint le statut d'oeuvre d'art. J'avais vu "Millenium Actress" ("Sennen Joyû") lors de mon premier séjour au Japon en 2002, et avais été surpris du manque de spectateurs pour un jour de sortie. Excellent film que je vous conseille, malheureusement à peine distribué en salles ailleurs qu'au Japon, mais trouvable assez facilement en DVD.

C'est surtout la géniale comédie "Tokyo Godfathers" qui m'a conforté dans l'idée que ce réalisateur était en train de devenir un très grand réalisateur, plein d'idées et d'humour. Il était venu lui-même le présenter au festival des nouvelles images du Japon, fin 2003, et je me souviens comme si c'était hier de son émotion toute contenue face à une salle comble et un public étranger mais conquis qu'il n'avait jamais réellement rencontré de cette façon.

Malheureusement toujours, un festival reste un festival et si mes souvenirs restent bons je ne crois pas non plus que le film soit sorti sur les écrans français, en dehors de ce jour-là - le coffret DVD, sinon, a été plutôt soigné. Il s'agit d'un hommage appuyé aux comédies américaines, un western moderne et déglingué qui garderait un solide ancrage au Japon, prenant place et action au beau milieu d'un milieu ( les sans-logis) trop peu dépeinte au cinéma.

En 2006, "Paprika", son dernier long-métrage en date, a fait plus ou moins un bide en France et cela m'a encore une fois beaucoup peiné. L'histoire assez complexe était en fait une sorte d'"Inception" avant l'heure, en beaucoup plus barré. Mais l'ambiance, les couleurs et la musique en font aujourd'hui une oeuvre unique que contrairement aux daubes de David Lynch les spectateurs n'ont pas voulu comprendre.

Il avait auparavant réalisé vers 2004 une série que je n'ai pas encore vue en entier, "Paranoia Agent" ("Môsô Dairinin"), mais qui gardait d'emblée tous les délires de l'auteur comme marque de fabrique, avec beaucoup de réussite à ce que j'ai pu constater.

Toujours pour éviter de m'enflammer, je ne vais pas m'étendre sur cette disparition qui m'attriste énormément. Disons que cela fait un moment que beaucoup de personnes, dont moi, se "préparent" à l'après-Miyazaki ou l'après Takahata, et c'est donc assurément, pour tous ceux - comme moi, donc - qui n'était pas assez à l'affût de nouvelles de ce monde-là pour être au courant de la maladie de Kon, une très mauvaise surprise, et je pèse mes mots. Une grande perte pour le cinéma d'animation japonais, et mondial. Il avait de quoi assurer la relève de tous les autres, comme Ôtomo et consorts. Il avait encore plein de choses à raconter. Il  aurait dû encore avoir le temps de nous faire peur, rêver et/ou rire.

Je ne répèterai donc jamais assez combien je suis triste. Et encore plus triste de bien avoir senti depuis longtemps combien ce grand réalisateur n'a pas tout à fait eu la reconnaissance qu'il méritait. Ce genre de choses prend du temps. Ce  simple temps que la vie ne lui a pas laissé.

Je suis triste, oui. Très triste. Affreusement triste.

 

ご冥福を祈ります

 

Qu'il puisse reposer en paix.

Et que ses films, eux, ne reposent pas au fond de placards poussiéreux.

 

 

 

 

 

 

 

(vidéo : extrait de Paprika)

 

 

edit 28/08/10 : bon, je viens de chercher un peu de quoi réfuter ma thèse comme quoi les (derniers) films de Kon n'ont pas eu le succès qu'ils méritaient. Et la vérité est qu'à part les récompenses dans les festivals internationaux, nombreuses, je voudrais vraiment qu'on me confirme le nombre d'entrées, que je crois faible, et que j'ai pu constater, je le répète, de mes yeux au Japon. Merci d'avance. de bien vouloir participer.

Sinon, de fait, pour me laisser le bénéfice du doute, j'ai ôté l'épithète "internationale" à "reconnaissance" dans le dernier paragraphe. En gros, selon moi, les festivals ne font pas tout, et les films ont très peu été distribués en dehors de ces circuits, limitant par définition le succès commercial dont j'ai pu avoir quelques échos, et dont je doute un peu beaucoup, rien qu'à la vue des chiffres sur IMDB. Reste à connaître les chiffres de vente des DVD.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:32

Elle se trouve dans mes liens en bas à droite et fait partie des raisons pour lesquelles j'ai ouvert ce blog. Par "défaut", presque. Alors je tiens à l'évoquer.

Mon "histoire" - dans le sens premier du terme - avec elle commence il y a quelques temps maintenant. Ca fait un bail que je suis son blog, et j'ai mis du temps à commencer à commenter dessus, avant de m'arrêter progressivement, cela n'ayant à la longue plus aucun intérêt de commenter dans le vide, surtout, surtout quand on croit avoir établi un contact.

Lorsque je me suis fait virer comme une merde l'été dernier, au-delà de mes intentions de revoir de fond en comble mes aspirations professionnelles, il m'a fallu prendre mon courage à deux mains pour lui envoyer un email très explicite lui indiquant que j'avais une histoire pour elle. Dans le sens où son style graphique - pour lequel je garde un amour sans faille - convenait selon moi parfaitement à mon scénario. Attention, si vous me suivez depuis un moment, je vous rassure, cela n'avait absolument rien à voir avec ce que je j'ai l'habitude d'écrire. Je me voyais dans une chronique familiale sur le long terme, entre les Yamada et 6 feet under. Drôle avant tout, poignante par moment, et surtout ancrée dans les "réalités françaises" des années 90 à nos jours, ou presque. Genre, ambitieux. Trop ambitieux, bien sûr. Mady m'a poliment répondu qu'elle n'avait pas assez d'éléments - ce que j'admets être vrai - qu'elle était occupée - ce dont je ne saurais douter - et qu'on ne s'improvise pas scénariste de BD - idem.

En deux ou trois emails, tout cela a fini par une fin de non-recevoir en mauvaise et dûe forme de sa part, puisque le ton un tantinet condescendant du dernier message m'a pas mal vexé. Ma plus grosse erreur est de lui avoir envoyer un sms parce que je n'avais pas internet chez moi à l'époque. Le pire, c'est que je l'ai répétée, cette erreur, à la sortie de son livre, et que malgré mes circonstances atténuantes, une connerie reste une connerie. J'y reviendrai plus bas.

Il faut savoir que je ne sais absolument pas à quoi elle ressemble. Et que je n'ai à la base pas tellement envie de le savoir. Non, seul son trait m'intéressait et c'est ce que je me suis évertué à lui dire, de la façon la plus nette et concise possible. Je n'allais évidemment pas m'étendre sur mon éternel fantasme de la main tendue, un jour, vers moi, et qui me ferait sortir de mon quotidien pourri. Je vous rappelle que je venais de me faire virer, comme une merde cela va de soit je répète.

Bref, les mois passent et avec une énergie insoupçonnée chez moi, j'arrive à ouvrir ce blog, pour écrire mes fictions. Enfin. Pour me rendre constructif. Mady m'a d'ailleurs fait la gentillesse de laisser un ou deux commentaires. Sans pour autant prêter la moindre attention aux miens, ou même à la suite de mes histoires. Bref, je serai stupide de lui en vouloir, tout le monde sait que tout le monde est très occupé, sauf moi.

Les mois passent encore et son livre est annoncé. Ô joie. Je compte me précipiter dessus., bien sûr. Cela tombe pile au moment d'un décès dans mon entourage, et alors que je me rends à l'enterrement, dans le rer tout pourri qui m'emène vers Fontaibleau je fais donc la connerie de lui renvoyer un sms de félicitations auquel elle n'a bien entendu pas répondu. Rions un peu et imaginons qu'elle ait changé de numéro.

 

Bref bref, bref encore, pourquoi raconter tout ça maintenant ?

Parce que je reviens de sa séance de dédicaces où je viens de me faire accueillir, toujours comme une merde, par le libraire qui n'a pas voulu que je l'approche puisque ce n'était pas à lui que j'avais acheté mon exemplaire que j'avais dans mon sac. Très capable, très commercial de sa part, me direz-vous. Et vous aurez raison. 17h45 ou 44, je rentre dans le magasin quasi vide, assez content de m'être motivé à ramener ma fraise. Le peu de monde me fait dire que j'aurais l'occasion de discuter un peu, qui sait. Devant elle, un seul homme. A côté d'elle Romain Ronzeau que je connais aussi par son blog qui me plaît beaucoup d'ailleurs. Je l'entraperçois plus que je la vois. Elle est à cinq mètres à peine, trop penchée sur sa feuille à dessiner je ne sais quoi, lui la regarde faire, et de notre côté l'autre connard m'explique que la priorité va à ceux qui lui ont acheté, à lui, les albums. Alors je dis non, et il se retrouve tout con. A part lui, les deux auteurs avec leur lecteur, et moi, deux personnes seulement sont présentes à ce moment-là, et je pourrais même pas confirmer qu'ils étaient là pour les dédicaces. Vive les commerçants compétents.

Oui, il s'est retrouvé con, mais moi encore plus à me barrer fissa pour éviter de m'énerver et finalement devenir de plus en plus furieux alors que je rentrais chez moi (pas trop loin, non, j'avoue).

 

Je suppose que je parle de ça parce que c'est à l'image de ma vie. Je ne sais pas si j'avais très envie de rencontrer Mady, de la regarder dans les yeux. Je crois que non, finalement. J'avais peu de temps avant entendu une interview d'elle à la radio, dans le cadre du salon du livre de Genève de si mes souvenirs sont exacts, où elle expliquait qu'elle avait maintenant quelques projets de BD avec des scénaristes. Et moi de bisquer le moins possible devant mon écran, à contenir ma nouvelle frustation comme le glandu que je suis. Elle a une jolie voix, sinon, à part ça, même si le ton est un peu précieux peut-être. Oui j'en parle parce que c'est tout ce que je retiendrai d'elle. C'est à l'image de ma vie. Jamais aller au bout des choses. Ce connard de libraire a été un catalyseur, rien de plus. J'écris ceci à chaud mais  comme cette catégorie s'appelle regrets j'imagine que c'est en quelque sorte la situation idéale. Sur le chemin du retour j'ai commencé à hésiter à lui envoyer un nouvel e-mail ou à laisser un énième commentaire sur son dessin du jour.

Ce texte inutile hors-sujet et égocentrique fait acte de ma décision. Oui, tout le monde s'en fout . Peu  m'importe, à titre d'information vous étiez hier 19 à me "lire", dont moi-même. C'est pas comme si j'envahissais l'espace.

Donc non, je ne perdrai plus mon temps à me battre contre ma vie et contre celui que je suis vraiment. Surtout, surtout si jamais rien de bénéfique ne me revient en retour. Et par quelque chose de bénéfique je parle d'un message, d'un simple signe qui me dirait continue, tu m'intéresses.

Tant pis pour moi, et surtout pour le libraire de mes deux dont mon éthique personnelle à la con m'oblige à ne pas donner l'adresse, que vous retrouverez facilement  si ça vous amuse parce que je sais que vous êtes malins. La contre-pub est parfois aussi importante que la pub en soi.

 

Quant à toi Mady, continue, oui, parce que de mon côté je te lis et j'aime ce que tu fais. Il est juste hors-de-question que j'essaye à nouveau de te le faire comprendre.

 

 

Et Brel aura toujours raison. Et je me permets un petit lol façon bonus, pas original, presque private joke. J'aurais aimé.

 

 

 

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 06:35

Des nombreux festivals français où je ne me suis jamais rendu, et pour cause, je ne me suis rendu dans ma courte et trop longue vie qu'à une poignée de festivals, Angoulême est celui qui me vient en premier à l'esprit, toujours.
Oui, je sais, je m'étais fait un devoir de ne pas coller à l'actualité mais des fois, celle-ci s'impose.
Donc non, je ne suis jamais allé faire un tour à Angoulême, comme je ne suis jamais allé à Avignon non plus, où j'ai l'honneur d'être né. Je ne connais pour ainsi dire pas cette ville, mais mon désintérêt parfait pour le théâtre ne m'encourage pas à approndir, surtout d'après les échos que j'en ai eu. A savoir, gros bordel, grosse foule et grosse saleté avant même que l'idée d'art ne vous vienne à l'esprit. Et puis le off qui passe pour tellement in qu'il en devient non plus out mais plouc, alors que le in se laisse aller à l'autocélébration permanente depuis plus de 50 ans maintenant.
J'aimerais aller à Avignon quand même, voir, savoir si tous ces comédiens sauront me convaincre de ma connerie (ça serait pas difficile, pourtant) de ne pas apprécier le théâtre, qu'il soit classique ou contemporain, à sa juste valeur.
De par mon amour du piano, il est évident que j'adorerais aller à la Roque d'Anthéron (festival dont le fondateur vient de mourir à l'âge respectable de 89 ans). Pourtant, là encore, plus que la "flemme" le manque de temps ou de moyens j'aurais un peu peur de me voir confrontés à des gens qui sont aussi là pour être vus, dans la bonne bourgeoisie provençale, qui n'a rien à envier à la bourgeoisie bordelaise, qui elle réussit à damer le pion à la bourgoisie altoséquanaise (le 92, quoi. vi, j'ai cherché dans wikipédia le gentilé de ce département pour rendre ma phrase plus jolie et je vous dis zut, j'ai moi-même été altoséquanais par euh... la force des choses, alors un peu de compassion merci) ce qui n'est, tout le monde s'accordera là-dessus, pas un mince exploit.
Bref, que des préjugés de ma part, je sais. Un jour j'irais à la Roque d'Anthéron et je suis certain que je kifferai, comme disent les djeunz.
J'aurais aussi voulu aller à Belfort, dans le temps. Mais j'ai peur de m'y sentir très vieux, bêtement, et seul.
J'aurais voulu aller à Carhaix, mais avant que ce soit devenu la machine de guerre qu'on connaît aujourd'hui.
Pour ma part, je me souviens du premier Rock en Seine, en 2003, quand il ne durait qu'une seule journée. Il y avait ma chérie PJ Harvey, Massive Attack, Morcheeba, Electric 6 qui m'a bien fait marrer. Y'avait même K's choice, c'est vous dire. Ah, et Beck, mais lui je supporte pas, donc non, oubliez. Le reste je sais plus bien, je n'avais que d'yeux pour PJ et ne fus en aucune manière déçu, sinon par la durée du set, forcément trop court. Rock en Seine aujourd'hui c'est quoi? Oasis qui splitte, enfin? Amy Winehouse qui joue les divas? C'est tout? De la pub à tous les étages? C'est tout? Qui se souvient de Rock à Paris?
Bref, le sujet n'est jamais là mais bon...
Les festivals de rock sont comme les marchés de Noël, on va forcément arriver à saturation. Je ne parle même pas des conventions/festivals manga en Ile-de-France ou un peu partout ailleurs en France. Il y aura forcément saturation, oui, et les derniers cons arrivés seront je l'espère les premiers à se prendre des baffes. Vous avez vu les restaurants de sushi qui pullulent dans Paris (et je suppose partout ailleurs?) c'est une catastrophe culinaire ET écologique. Mais je m'égare.
Je me dois aussi de parler des festivals de cinéma, forcément, les plus hype. C'est simple en Europe c'est comme si on était encore en guerre. Cannes contre Berlin et Venise à boulets rouges. Mais Cannes n'a plus que sa croisette et ses cagoles. Les palmarès et les sélections ne valent plus rien. Le reste c'est moins que moins que la merde que tous les Haïtiens sont en train de se chier les uns sur les autres, faute de mieux. Je crois que je hais Cannes, oui. Donner un prix à Haneke, c'est une offense à l'art.
Je ne dis pas que je suis toujours d'accord avec les palmares de la Berlinale ou de la Mostra mais il y a chez elles souvent une audace maîtrisée que j'apprécie à chaque fois à sa juste valeur. Bon, à Cannes en face, ils ont primé "Hunger" récemment et j'ai aimé "la chambre du fils". Ca ne rattrape pas tout l'autre merde à mes yeux, ça non, croyez-moi. Et tant pis pour Tarantino et Imamura. A Berlin ils ont surtout récompensé l'un des films de ma vie (peut-être LE film de ma vie) d'un ours d'or, ex aequo je vous l'accorde, mais ours d'or quand même. Et cet Ours d'or, je l'ai vu de mes yeux, au Japon, posé nonchalament sur un énorme tas de dessins, à savoir l'ensemble des dessins préparatoires nécessaires à l'élaboration du "Voyage de Chihiro". Et je pense que je n'oublierai jamais cette image précise de cet Ours qui n'avait rien à faire là, posé là avec détachement, ironie, fierté, humilité et un tout petit peu de prétention à la fois. J'ai été impressionné comme je l'ai été peu de fois par un musée (le musée Ghibli à Mitaka, au Japon, donc), et une exposition.
Je m'égare, pardon.
Alors que j'écris cet article je vérifie donc les palmarès qui confirment sinon mes propos au moins mon opinion tenace. Cannes ne vaut rien face à Berlin et encore moins face à Venise, dont je me rends compte que j'ai vu et aimé chaque Lion d'or depuis mon arrivée à Paris, et probablement quelques lions d'argent. Bon, ces derniers ont récompensé Lynch et Rohmer, que j'abhorre ostensiblement, mais ce n'est pas très grave. Ils ont aussi récompensé Miyazaki, ce que jamais ne feront les ratés de la Croisette. Quant à hononer Takahata, je pense que les cochons pourront voler, comme disent les Anglais.
Je sais pas vous, mais moi, je me verrais plutôt à Montreux, parce qu'un festival de jazz (auquel je ne connais presque rien) à la base qui invite Radiohead ne peut pas être un mauvais festival. Et ça me ferait sortir un peu de France. Ceci dit je dois sûrement me tromper, ça doit encore être trop "gros" pour moi. Comme Reading, par exemple ou d'autres festivals plus loin...
Rendez-moi mon festival des Nouvelles Images du Japon!

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 19:46

rien
rien du tout à l'horizon sinon de sombres présages de silence
enfin sombres, je me comprend; ce n'est pas comme si quelqu'un allait mourir, non plus
le vide et le silence pesant, avec le temps qui se fige jusqu'à on ne sait quand
j'ai une telle haine de l'apitoiement sur soi-même et de l'autofiction que j'en viens à me demander si je ne suis pas encore plus masochiste que je ne l'avais imaginé en premier lieu
je me suis bien planté toutes ces années

j'ai la suite de mes histoires, évidemment
j'ai même plein d'idées d'articles autour
mais ce qui m'agitait encore un tout petit peu aux premiers jours de 2010 est en train de foutre le camp complètement
lentement
accélérant
l'envie est partie
le goût aussi
et c'est horrible à avouer, à expliquer pour les raisons dont j'ai déjà parlé
jamais ce blog n'aurait dû devenir ce qu'il est devenu depuis son ouverture il y a moins de 3 mois
seulement
je me voyais poster moins, et mieux, avec des réactions contrastées, des lecteurs (juste un peu) plus présents
je ne me voyais pas me justifier de choses dont tout le monde se branle à s'en faire péter le service trois-pièces
je ne me voyais pas autant sensible aux statistiques qui ont si peu à dire finalement
je ne me voyais pas m'astreindre à ce point à des règles ridicules que je me suis inculqué à moi-même et dont une fois encore tout le monde se fout éperdument

la connerie humaine ne connaît aucune limite, c'est un fait
la mienne non plus, par définition
mais si mon erreur a été de croire en moi au moment où j'ai appuyé sur le bouton, alors cette fois, cette fois j'aurai du mal à assumer ma faiblesse, ma paresse et ma prétention

je ne saurai vous dire le temps qu'il me reste, ici dans ces pages
je ne supporterai pas longtemps de vous tenir ce genre de discours pendant des jours ou des semaines
alors on sait jamais, soyez sages
et portez-vous bien malgré tout

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Published by injektileur - dans regrets
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